3PLACE DU 19 AVRIL 0 ROUEN. SiĂšge: FONCIA GROUPE Antony. SIREN: 424641066 SIRET: 42464106600057. ActivitĂ©: ActivitĂ©s des sociĂ©tĂ©s holding. Finance et assurances. Note de l'employeur 4.4/5 basĂ© sur 7 notes Cliquez pour noter ! Avis; Contact ; Salaire; Questionnaire; Avis FONCIA GROUPE Rouen coordonnĂ©es FONCIA Transaction Rouen 19 Avril 1944 3 place du 19 Avril 1944 76000 ROUEN Seine maritime 76 afficher le tĂ©lĂ©phone Tarif 3€/appel + prix appel. Ce numĂ©ro valable 5 minutes n'est pas le numĂ©ro du destinataire mais le numĂ©ro d'un service permettant la mise en relation avec celui-ci. Ce service est Ă©ditĂ© par le site Pourquoi ce numĂ©ro? horaires d'ouvertures du magasin Nous n'avons pas les horaires d'ouverture de ce magasin. Si vous possĂ©dez l'information concernant FONCIA Transaction Rouen 19 Avril 1944 Ă  ROUEN, nous vous invitons Ă  la partager. Agence immobiliĂšre FONCIA Transaction Rouen 19 Avril 1944 Forts d'une expĂ©rience de plus de 30 ans, les collaborateurs de Foncia sont Ă  votre Ă©coute pour vous conseiller dans vos projets d'achat, de vente et de location À proximitĂ© Plan d'accĂšs Trouvezvotre voiture d'occasion Ă  vendre Ă  Rouen (76000) parmi 2 036 annonces gratuites de particuliers et concessionnaires sur ParuVendu.fr. Trouvez votre voiture d'occasion Ă  vendre Ă  Rouen (76000) parmi 2 036 annonces gratuites de particuliers et concessionnaires sur ParuVendu.fr. DĂ©poser une annonce gratuite Aide Compte Recherche AccĂšs pro PrĂšs de chez
ï»żA la veille du DĂ©barquement de Normandie, les alliĂ©s bombardent les infrastructures pouvant servir aux Allemands. Le 30 mai 1944, Ă  Rouen, dĂ©bute la "semaine rouge". RĂ©cit. Par Thierry Chion PubliĂ© le 18 Mai 14 Ă  739 Au cours de la nuit du 18 au 19 avril 1944, un bombardier alliĂ© a bombardĂ© le centre de Rouen suite Ă  une erreur de marqueur. Ici, le palais de justice. Photo Part.Il y a 70 ans, deux gros bombardements ont secouĂ© Rouen et son agglomĂ©ration Ă  la veille du DĂ©barquement, Ă  commencer par celui du 30 mai 1944 qui marquait le dĂ©but de la semaine rouge ». Jusqu’au 4 juin 1944, les appareils alliĂ©s allaient faire de frĂ©quentes incursions dans le ciel de Rouen afin de bombarder les ponts qui enjambaient la ce 30 mai 1944, les victimes sont nombreuses. Des bombardiers moyens amĂ©ricains lĂąchent leurs bombes sur Rouen. C’est ainsi que toute la partie occidentale de l’HĂŽtel des Douanes se trouve dĂ©truite. De nombreuses personnes qui avaient trouvĂ© refuge dans l’abri situĂ© sous ce bĂątiment se trouvent bloquĂ©es, ensevelies sous les dĂ©combres. Elles ne savaient pas qu’elles allaient ĂȘtre condamnĂ©es Ă  une mort atroce. Le lendemain, lors de nouveaux bombardements, les conduites d’eau qui passent Ă  proximitĂ© de l’HĂŽtel des Douanes cĂšdent. Les rĂ©fugiĂ©s se trouvant dans l’abri y pĂ©rissent finalement noyĂ©es. Ce bĂątiment avait Ă©tĂ© construit en 1836, entre les rues Haranguerie disparue aujourd’hui et de la VicomtĂ©. La porte de l’HĂŽtel des Douanes sera dĂ©montĂ©e et replacĂ©e, en 1948, sur le pignon ouest de la Halle aux Toiles. L'HĂŽtel des douanes, aprĂšs le 30 mai 1944. Photo Part.Au cours de la nuit du 18 au 19 avril 1944, l’agglomĂ©ration de Rouen avait Ă©galement connu un important nuit du 19 avril 1944Le 18 avril 1944 au soir, 273 bombardiers de type Lancaster dĂ©collent d’Angleterre Ă  destination de l’agglomĂ©ration rouennaise. Objectif la gare de triage de Sotteville-lĂšs-Rouen. Chaque avion transportait 16 bombes reprĂ©sentant un poids total de 7 tonnes, organisĂ© de la sorte 12 bombes de 500 kilos et quatre de 250 kilos par appareil. Ainsi, de 0h10 Ă  0h58, ce sont 1911 tonnes d’explosifs rĂ©partis en 4368 bombes qui doivent s’abattre sur le nƓud ferroviaire de trĂšs touchĂ©eLa majeure partie de cette charge tombe sur Sotteville, ruinant une partie de la ville, mais n’endommageant pas autant qu’il l’aurait fallu les installations au sol pouvant servir aux troupes allemandes. Le but des raids menĂ©s dans le nord-ouest de la France Ă©tait de dĂ©truire les gares de triage afin de retarder l’arrivĂ©e des renforts allemands lorsque le dĂ©barquement aura lieu. Toutes les bombes ne se dĂ©tachaient pas au premier coup. Les bombardiers volaient ensuite soutes ouvertes afin que les projectiles encore accrochĂ©s puissent tomber quand le systĂšme d’attache cĂšdera. C’est ainsi que plusieurs bombes sont tombĂ©es sur le centre de Rouen car le chemin du retour faisait ensuite passer les avions au-dessus de la ville. Des bombes isolĂ©es s’abattent rue Eau de Robec, rue du Vieux palais, d’autres plus groupĂ©es dĂ©truisent le quartier des des CarmesLa rue des Carmes semble avoir Ă©tĂ© dĂ©truite par les bombes tombant d’un appareil appartenant vraisemblablement Ă  un escadron australien de la RAF. L’avion en question ne parvient pas Ă  dĂ©crocher ses bombes lors de son passage au-dessus de l’objectif. Le pilote fait alors un tour au-dessus d’Oissel, Saint-Étienne-du-Rouvray et revient vers sa cible, se fiant aux marqueurs verts et rouges devant baliser la zone de bombardement. Suite Ă  une erreur de largage, des marqueurs verts et rouges, le bombardier a lĂąchĂ© la charge qu’il transportait sur Rouen, Ă  0h58. La ruine du quartier des Carmes serait donc due Ă  une double erreur matĂ©rielle dans un premier temps et de marquage dans un second de propagande prononcĂ© par Philippe Henriot au lendemain des bombardements en ce moment sur ActuLe risque Ă©tait connuLe risque de dĂ©bordements et de dĂ©gĂąts occasionnĂ©s autour de l’objectif Ă©tait connu. En tĂ©moigne l’ordre de mission, signĂ© de la main de l’Air commodore commandant le 3e groupe de est particuliĂšrement stressant pour les Ă©quipages de savoir que la portion de voie ferrĂ©e qui est la cible de ce soir est petite et est entourĂ©e de zone construite. Le bombardement le plus prĂ©cis est donc requis ».Selon un exemplaire du Journal de Rouen paru dans la foulĂ©e de ces Ă©vĂ©nements, les premiĂšres estimations faisaient Ă©tat de 250 morts Ă  Rouen et de plus de 500 Ă  lireDe Daniel Rose, avec le concours de Paul Le TrĂ©vier, Ce qui s’est vraiment passĂ© le 19 avril 1944, Ă©ditions Comever. 176 pages. 22 euros Cet article vous a Ă©tĂ© utile ? Sachez que vous pouvez suivre 76actu dans l’espace Mon Actu . En un clic, aprĂšs inscription, vous y retrouverez toute l’actualitĂ© de vos villes et marques favorites.
LoyerPlace du 19 Avril 1944 (Rouen): obtenez le prix Ă  la location d'un appartement ou d'une maison Place du 19 Avril 1944 (Rouen) si vous dĂ©sirez loyer un bien immobilier au m2 ou au global. Seloger: estimation gratuite des loyers par quartier, ville, dĂ©partement et rĂ©gion. Rue Verte Situation CoordonnĂ©es 49° 27â€Č 09″ nord, 1° 05â€Č 36″ est Pays France RĂ©gion Normandie DĂ©partement Seine-Maritime Ville Rouen Quartiers Gare SNCF DĂ©but Rue Jeanne-d’Arc Fin Place du CoucouChemin de ClĂšresRue VigneRue du Champ-des-Oiseaux Morphologie Type Rue Forme LinĂ©aire La rue Verte est une voie publique de la commune française de Rouen. Du fait de sa proximitĂ© avec la Gare de Rouen-Rive-Droite, elle appartient au quartier Gare SNCF. C’est dans cette rue, profitant de la visibilitĂ© offerte par le trafic de voyageurs de la gare, que Ferdinand Marrou conçoit une maison bourgeoise dans laquelle il Ă©lit domicile. Description Situation et accĂšs La rue Verte est situĂ©e Ă  Rouen[1]. Elle dĂ©bute Ă  l'intersection de la rue Jeanne-d’Arc[N 1] et se termine Ă  l’intersection du chemin de ClĂšres, de la rue Vigne et de la place du Coucou et de la rue du Champ-des-Oiseaux[N 2]. Montante et orientĂ©e vers le vers le nord, la voie est jointe par la rue Pouchet, la rue Maladrerie, la place Bernard Tissot, le passage Maladrerie, la rue Senard, la rue Cousin, la rue Walter, la rue MalatirĂ©, la rue du Clos Thirel, la rue Charles Angrand, la rue Ducastel, la rue Roulland Leroux, la rue Descamps et le passage Begin[N 3]. La rue Verte appartient au quartier Gare SNCF, situĂ© dans les Coteaux Nord de la ville[2]. DĂ©nomination Historique En ce lieu se trouve au Xvie siĂšcle un dĂ©potoir nommĂ© heurt »[3]. En 1844, l'administration municipale de Rouen obtient l'accord du ministre des Travaux Publiques Pierre Sylvain Dumon pour l'Ă©tablissement rue Verte du dĂ©barcadĂšre du chemin de fer du Havre Ă  Rouen dont les travaux se poursuivent jusqu’en 1846[4],[5]. La station dite de la rue Verte », tout comme sa gare[N 4], est inaugurĂ©e le 20 mars 1847 avant d’ĂȘtre ouverte aux voyageurs deux jours plus tard[6],[7]. La rue donne Ă©galement son nom au quartier de la rue Verte » nĂ© de l'Ă©talement urbain du faubourg Bouvreuil[8]. En 1907, la voirie est Ă©largie suite Ă  la dĂ©molition d’une petite maison de ville dĂ©bordant sur l’alignement de la rue Verte Ă  la hauteur de l’intersection avec la rue MalatirĂ© afin d’y faciliter le passage du tramway du Champ-des-Oiseaux. Ce bĂątiment Ă©tait probablement un des plus anciens de ce quartier. IsolĂ© autrefois parmi les vergers et les prairies, il fut la cause d'un assez long procĂšs, au XVIIIe siĂšcle, entre les Ă©glises Saint-Gervais et Saint-Godard, celle- ci ne parvenant pas Ă  s’entendre sur la dĂ©marcation de leur paroisse respective[9]. Le 19 avril 1944, peu aprĂšs minuit, tandis que Rouen est occupĂ©e par les Allemands, la rue Verte est touchĂ©e par le bombardement de la ville opĂ©rĂ© par les AlliĂ©s, au mĂȘme titre que plus d’une soixantaine de voies de la rive droite[N 5],[10]. L’Institution Rey, lycĂ©e de l’enseignement privĂ© et catholique installĂ© rue Verte depuis 1885, doit dĂ©mĂ©nager Ă  la fin 2011 pour rejoindre Bois-Guillaume[11],[12]. L’emplacement libĂ©rĂ© par la destruction des anciens bĂątiments de l’établissement en 2012 permet la construction d’un ensemble immobilier de 174 nouveaux logements[13],[12]. Cependant, en aoĂ»t de la mĂȘme annĂ©e, un incident se produit lors des travaux menĂ©s par Bouygues Immobilier, l’aqueduc conduisant les eaux de la source Gaalor est accidentellement percĂ© puis rebouchĂ© avec du bĂ©ton par erreur[14],[15],[16]. En fĂ©vrier 2013, le sinistre du sous-sol de la rue Verte prend de l’ampleur et une bataille juridique est engagĂ©e suite Ă  l’apparition de fissures sur la façade de l’HĂŽtel de Dieppe[17]. FermĂ©e Ă  la circulation depuis l’incident, la rue Verte est Ă  nouveau ouverte en 2019[15]. BĂątiments Le no 29 de la rue Verte, en 2018. Au no 29, face Ă  la gare de Rouen-Rive-Droite, se situe la maison Marrou » du nom de son concepteur et occupant Ferdinand Marrou[18],[19],[20]. ArrivĂ© Ă  Rouen en 1884, ce dernier conçoit lui mĂȘme l’esthĂ©tique de la façade de cette maison bourgeoise, Ă©difiĂ©e en 1898[21],[19]. Marrou y mĂȘle des Ă©lĂ©ments se rĂ©fĂ©rant au XVIIIe siĂšcle Ă  d’autres, contemporains, de style art nouveau[21],[22] L’emplacement est idĂ©al pour l’artisan ferronnier qui profite ainsi de l’affluence de voyageurs de la gare de Rouen pour mettre en avant son savoir-faire[20]. Le bĂątiment devient Ă  partir de 1984 le Centre de documentation du patrimoine de la Direction rĂ©gionale des Affaires culturelles de Haute-Normandie[20]. Notes et rĂ©fĂ©rences Notes ↑ Le dĂ©but de la rue Verte a pour coordonnĂ©es 49° 26â€Č 52″ N, 1° 05â€Č 38″ E. ↑ La fin de la rue Verte a pour coordonnĂ©es 49° 27â€Č 24″ N, 1° 05â€Č 43″ E. ↑ La rue Verte, et celles qui la joignent, ont pour coordonnĂ©es 49° 27â€Č 09″ N, 1° 05â€Č 36″ E. ↑ Parfois simplement appelĂ©e gare rue Verte »[5]. ↑ Au total, 285 points de chute sont relevĂ©s Ă  Rouen[10]. RĂ©fĂ©rences ↑ GrĂ©gory Vacher dir. publication, Annuaire mairie Les rues de Rouen » site distinct de l'administration, sur Saint-Chamond, Advercity, 2004-2022 consultĂ© le 3 aoĂ»t 2022, col. 4. ↑ Insee, Rouen. Plan d'assemblage [des] grands quartiers IRIS/44. Voies routiĂšres. Voies ferrĂ©es. Voies fluviales. Grands quartiers », carte Iris no 0502 quartier Gare SNCF, sur mai 2001 consultĂ© le 7 aoĂ»t 2022, vue 26/44. ↑ BĂ©nĂ©dicte Guillot prĂ©f. Luc Liogier, JournĂ©es archĂ©ologiques de Haute-Normandie Rouen, 24-26 mai 2013, Mont-Saint-Aignan, Presses universitaires de Rouen et du Havre, 2014, 228 p. ISBN 9791024001487, ISSN 2272-9801, lire en ligne, Rouen Seine-Maritime, rue Verte, rue Pouchet, premiers rĂ©sultats de la fouille du heurt du Chastel » XVIe siĂšcle », p. 199. ↑ AmĂ©lioration de la Basse-Seine », Journal de Rouen, Rouen, no 544,‎ 8 dĂ©cembre 1844, p. 2 ISSN 2430-8242, BNF 44432236, lire en ligne. ↑ a et b Pierre Deyon, Rouen », Revue d'Histoire du XIXe siĂšcle - 1848, vol. 19, no 1,‎ 1956, p. 151 lire en ligne, consultĂ© le 7 aoĂ»t 2022. ↑ Isabelle Renault, À la dĂ©couverte de Rouen, Paris, Éditions du PanthĂ©on, 2020, 288 p., 21 cm ISBN 9782754749060, BNF 46630960. ↑ Inauguration du chemin de fer de Rouen au Havre », Journal de Rouen, Rouen, no 80,‎ 21 mars 1847, p. 1 ISSN 2430-8242, BNF 44432236, lire en ligne. ↑ Jean-Pierre Chaline, Le quartier Saint-AndrĂ© jusqu'en 1914 », Études Normandes, Rouen, Presses universitaires de Rouen et du Havre, vol. 59, no 2,‎ 2010, p. 29 ISBN 9780733426094, DOI lire en ligne, consultĂ© le 7 aoĂ»t 2022. ↑ Aux pays normands Nouvelles de la semaine », Les Gars normands de Paris, de la DuchĂ© & de partout, Paris, vol. 13, no 12,‎ 14 septembre 1907, p. 2 ISSN 2128-4865, BNF 32779787, lire en ligne ↑ a et b Gontran PailhĂšs prĂ©f. Pierre Varenne, Rouen et sa rĂ©gion pendant la guerre 1939-1945, Luneray, Édition Bertout, coll. La mĂ©moire normande », 1993 1re Ă©d. 1949, 309 p., 21 cm ISBN 2-86743-180-8, BNF 35609924, Mil neuf cent quarante-quatre ». ↑ Françoise GuĂ©got dir., Pose de la 1re pierre du LycĂ©e REY Ă  Bois-Guillaume », sur Françoise GuĂ©got, 23 mars 2011 consultĂ© le 6 aoĂ»t 2022. ↑ a et b Baudouin Eschapasse, Les biens de Dieu Inventaire. L'emprise de l'Eglise dĂ©cline », sur Le Point, Paris, 10 mars 2011 ISSN 0242-6005, e-ISSN 2271-0744, consultĂ© le 7 aoĂ»t 2022. ↑ Benoit Leclerc dir., Rouen Les anciens locaux de l’Institution Rey ont disparu », sur Tendance Ouest, Saint-LĂŽ, 6 avril 2012 consultĂ© le 7 aoĂ»t 2022. ↑ [vidĂ©o] Richard Plumet, Rouen inquiĂ©tude devant la gare aprĂšs l’apparition de fissures sur la façade de l’HĂŽtel de Dieppe », sur France 3 Normandie, 15 fĂ©vrier 2013 consultĂ© le 7 aoĂ»t 2022. ↑ a et b Simon Louvet, AprĂšs sept ans de fermeture, la rue Verte va rouvrir Ă  Rouen Ce sera du provisoire dĂ©finitif » », sur Rennes, 25 mars 2019 consultĂ© le 7 aoĂ»t 2022. ↑ [vidĂ©o] CD, Rouen source Gaalor, la galĂšre des riverains », sur France 3 Normandie, Rouen, 18 fĂ©vrier 2015 consultĂ© le 7 aoĂ»t 2022. ↑ Richard Plumet, Rouen la colĂšre des riverains du chantier Bouygues de la rue Verte », sur France 3 Normandie, Rouen, 13 octobre 2013 consultĂ© le 7 aoĂ»t 2022. ↑ [vidĂ©o] Manon Loubet, Entrez dans les coulisses de la pittoresque maison Marrou, prĂšs de la gare de Rouen », sur Rennes, 26 juin 2021 consultĂ© le 7 aoĂ»t 2022. ↑ a et b JĂ©rĂŽme Decoux, Une copie originale la crĂ©ation architecturale mĂ©diĂ©vale rouennaise Ă  la fin du XIXe siĂšcle », Études Normandes, Rouen, Presses universitaires de Rouen et du Havre, vol. 62, no 2,‎ 2013, p. 7-8 ISBN 9780733426094, DOI lire en ligne, consultĂ© le 7 aoĂ»t 2022. ↑ a b et c Marie-HĂ©lĂšne Lemoine et Emmanuel Luis, Les centres de documentation du patrimoine des Directions rĂ©gionales des Affaires culturelles en Normandie », Études Normandes, Rouen, Presses universitaires de Rouen et du Havre, vol. 50, no 1,‎ 2001, p. 70–73 ISBN 9780733426094, DOI lire en ligne, consultĂ© le 7 aoĂ»t 2022. ↑ a et b LoĂŻc Vadelorge prĂ©f. Jean-Pierre Chaline, Rouen sous la IIIe RĂ©publique politiques et pratiques culturelles, Rennes, Presses universitaires de Rennes, coll. Histoire », 2005, 449 p. ISBN 978-2-7535-2581-8 et 2-7535-2581-1, EAN 9782753500358, OCLC 643937442, DOI lire en ligne, partie I, chap. 3 Les autres modes de prise en charge de la culture la culture comme enjeu Ă©conomique », p. 171-172. ↑ 29, rue Verte sur Google Street View. Voir aussi Bibliographie NicĂ©tas PĂ©riaux, Dictionnaire indicateur et historique des rues et places de Rouen revue de ses monuments et de ses Ă©tablissements publics reprod. en fac-sim. de l'Ă©d. A. Le Brument, 1870, Brionne, Impr. le Portulan, 1972 rĂ©impr. 1876, XXXI-693 p., 21 cm OCLC 800255. Articles connexes Rouen Canton de Rouen-1 DerniĂšre mise Ă  jour du contenu le 11/08/2022.
9Visiter Rouen en 2 ou 3 jours : les musĂ©es de Rouen. 9.1 MusĂ©e de Beaux-Arts. 9.2 MusĂ©e de la CĂ©ramique. 9.3 MusĂ©e de la Ferronnerie Le Secq des Tournelles. 9.4 MusĂ©e des AntiquitĂ©s et musĂ©um d’Histoire naturelle de Rouen. 9.5 MusĂ©e Flaubert et d’Histoire de la mĂ©decine. 9.6 MusĂ©e national de l’Éducation.
298 575 155 banque de photos, images 360° panoramiques, vecteurs et vidĂ©osEntrepriseSĂ©lectionsPanierRechercher des imagesRechercher des banques d’images, vecteurs et vidĂ©osLes lĂ©gendes sont fournies par nos de l'imageTaille du fichier51,2 MB 1,7 MB TĂ©lĂ©chargement compressĂ©Dimensions3455 x 5184 px 29,3 x 43,9 cm 11,5 x 17,3 inches 300dpiDate de la prise de vue22 juillet 2012LieuPlace du 19 avril 1944, Rouen, Normandy, FranceRecherche dans la banque de photos par tags Adresse: 3 Place Du 19 Avril 1944 76000 ROUEN. Capital : 76 240.00 € Annonce publiĂ©e dans Paris Normandie/ Edition de Rouen n°76762 du 24/05/2022. 24/05/2022 Convocation aux assemblĂ©es. Source : Descriptif : SOCIETE POUR L’ACCESSION EN COOPERATIVE DE CONSTRUCTION LE HAMEAU DE CORVAL SOCIETE CIVILE A CAPITAL & PERSONNEL
DrĂŽle d’histoire! La Normandie de Bayeux Ă  Rouen Niveau TarifA partir de 995 euros DurĂ©e7 nuits / 8 jours Recevez des informations sur la liste des hotels, les vĂ©los, et la description des parcours Plus d'infos RĂ©server Description Ce tour Ă  vĂ©lo trĂšs populaire vous permet de dĂ©couvrir la Normandie dans toute sa splendeur et d’en apprendre beaucoup sur la riche histoire de cette rĂ©gion. De Bayeux Ă  Rouen, vous longerez la cĂŽte normande et visiterez certains des sites les plus importants du jour J, notamment Omaha Beach, Pegasus Bridge et Longues-sur-Mer, site de l'un des plus formidables postes de dĂ©fense allemands. Vous visiterez Ă©galement des cathĂ©drales remarquables et vous vous tiendrez devant l'endroit oĂč Jeanne d'Arc a trouvĂ© la mort. Vous traverserez les paysages qui ont donnĂ© naissance Ă  la peinture impressionniste et inspirĂ© les coups de pinceaux de Monet et de Boudin. Et le soir, vous logerez dans de charmantes villes et villages, oĂč vous pourrez dĂ©guster les meilleures spĂ©cialitĂ©s culinaires de Normandie. La plupart du temps, vous aurez le choix entre deux parcours plus ou moins longs selon votre envie de pĂ©daler. Ce tour Ă  vĂ©lo est idĂ©al pour les cyclistes et les passionnĂ©s d'histoire, et convient aux cyclistes de tous niveaux. ItinĂ©raire J1ArrivĂ©e Ă  Bayeux PrĂ©voyez d’arriver suffisamment tĂŽt pour dĂ©couvrir cette ville historique qui abrite de nombreuses attractions dont la Tapisserie de Bayeux et la cathĂ©drale gothique de Bayeux. En fin d’aprĂšs-midi, vous rencontrerez notre reprĂ©sentant local qui passera le parcours du sĂ©jour en dĂ©tail et vous remettra vos vĂ©los de location si vous n’apportez pas les vĂŽtres. J2Boucle autour de Bayeux Option via Arromanches 37 km; Total montĂ©es 295 mĂštres; Option via Omaha 52 km; Total montĂ©es 430 mĂštres Aujourd'hui, vous aurez trois options. L’itinĂ©raire court vous emmĂšnera sur la cĂŽte, en commençant par le village d'Arromanches-les-Bains. C'est lĂ  que les troupes alliĂ©es ont rĂ©alisĂ© l'un des plus grands exploits d'ingĂ©nierie de la guerre, crĂ©ant un port temporaire en quelques jours seulement. Des parties du port sont encore visibles Ă  marĂ©e basse. Vous aurez Ă©galement l'occasion de visiter les batteries allemandes de Longues-sur-Mer. Ces formidables structures de bĂ©ton ont survĂ©cu Ă  plus de 1 500 tonnes de bombes le jour de l'invasion alliĂ©e. Si vous choisissez l’option longue, vous suivrez la vallĂ©e de l'Aure jusqu'Ă  Omaha Beach, la plus cĂ©lĂšbre des cinq plages du dĂ©barquement, et le village de Colleville-sur-Mer, site du cimetiĂšre et du mĂ©morial amĂ©ricain de Normandie. Notre longue option vous emmĂšnera encore plus loin, jusqu'Ă  la Pointe du Hoc, un lieu emblĂ©matique du dĂ©barquement. J3Bayeux — BĂ©nouville 55 km; Total montĂ©es 395 mĂštres Traversez la vallĂ©e de Seulles jusqu'Ă  la Manche, oĂč vous atteindrez Juno Beach. C'est lĂ  que la 3e division d'infanterie canadienne a pris d'assaut la plage et a contribuĂ© Ă  Ă©tablir des positions stratĂ©giques sur le sol normand. Le Centre Juno Beach documente ce dĂ©barquement grĂące Ă  des expositions et des films. Le port de pĂȘche voisin de Courseulles-sur-Mer est l’arrĂȘt idĂ©al pour un dĂ©jeuner de fruits de mer. Plus loin, Sword Beach a vu le dĂ©barquement de la 3e division britannique. De lĂ , vous suivrez une voie verte jusqu'Ă  Caen ou BĂ©nouville oĂč vous passerez la nuit. J4BĂ©nouville — Beuvron-en-Auge 30 km; Total montĂ©es 235 mĂštres BĂ©nouville est le théùtre des tout premiers combats du Jour J. Juste aprĂšs minuit, le matin du 6 juin 1944, 181 britanniques, grĂące Ă  6 planeurs, ont atterri ici sans ĂȘtre dĂ©tectĂ©s derriĂšre les lignes allemandes. Dans le cadre de l'opĂ©ration Deadstick, les troupes britanniques, aprĂšs une brĂšve escarmouche, s'emparĂšrent de Pegasus Bridge, un point stratĂ©gique sur la riviĂšre Orne. Il vous sera possible de visiter le musĂ©e consacrĂ© Ă  cet Ă©pisode du Jour J. Vous continuerez Ă  vĂ©lo Ă  travers la plaine de Caen avant de rentrer dans le marais de la Dives - une zone humide qui abrite une grande diversitĂ© d’oiseaux - et d'atteindre les collines du Pays d'Auge. Vous logerez Ă  Cabourg sur la cĂŽte, ou Ă  l’intĂ©rieur des terres, dans le village de Beuvron-en-Auge, un des "Plus Beaux Villages de France". J5Beuvron-en-Auge – Honfleur Option Courte 45 km; Total montĂ©es 580 mĂštres; Option Longue 67 km; Total montĂ©es 805 mĂštres La magnificence de la Normandie est Ă  “portĂ©e de mollets.” Vous trouverez de nombreuses possibilitĂ©s de dĂ©gustation de cidre et de Calvados, les boissons indigĂšnes de la Normandie. La premiĂšre Ă©tape est le village mĂ©diĂ©val de Beaumont-en-Auge. En roulant Ă  travers les vergers en direction de la cĂŽte, arrĂȘtez-vous Ă  votre guise pour un arrĂȘt cafĂ©... ou cidre! Vous arriverez ensuite Ă  Trouville-sur-Mer et Deauville, sa voisine plus huppĂ©e. Honfleur n’est plus trĂšs loin. Ce petit port, d’une beautĂ© Ă©poustouflante, avec ses bĂątiments colorĂ©s et ses rues pavĂ©es, est considĂ©rĂ©e comme le berceau de la peinture impressionniste, ayant attirĂ© des maĂźtres comme Monet, Boudin et Courbet. Les joyaux architecturaux abondent, dont l'Ă©glise Sainte-Catherine, la plus haute Ă©glise en bois de France. J6Honfleur — Brionne 54 km; Total montĂ©es 515 mĂštres Vous ferez vos adieux au front de mer et vous dirigerez vers l’intĂ©rieur des terres, Ă  travers le Pays d’Auge et ses chaumiĂšres Ă  colombages aux toits de chaume, ses chĂąteaux et ses paisibles villages. Vous atteindrez Pont-Audemer, une version normande de Venise, avec ses canaux mais sans les gondoliers!. Son Ă©glise Saint-Ouen est cĂ©lĂšbre pour ses vitraux. Un peu plus loin encore, vous arriverez Ă  Brionne, oĂč vous passerez la nuit. J7Brionne — Rouen 61 km; Total montĂ©es 510 mĂštres Nous avons prĂ©vu un itinĂ©raire assez court pour vous donner suffisamment de temps pour visiter Rouen. Peu aprĂšs avoir quittĂ© Brionne, vous arriverez dans le village du Bec-Hellouin, un des plus beaux villages de France. L’abbaye du Bec, fondĂ©e en 1034, vaut vraiment la peine d'ĂȘtre vue ! Le parcours est un peu accidentĂ© jusqu’à la Seine que vous suivrez jusqu’à La Bouille, un petit village au bord du fleuve qui a inspirĂ© de nombreux peintres. LĂ , vous traverserez la Seine au moyen d’un bac
 quelques coups de pĂ©dales et vous serez au coeur de Rouen, la capitale historique de la Normandie. Vous pourrez visiter la vieille place du marchĂ© de Rouen, oĂč Jeanne d'Arc oĂč fĂ»t brĂ»lĂ©e sur le bĂ»cher. La cathĂ©drale Notre-Dame, datant du XIIe siĂšcle, est Ă©galement un lieu incontournable. Monet l’a peinte 28 fois! J8DĂ©part Le petit dĂ©jeuner marque la fin de ce voyage RĂ©servation & Prix Option A 2 nuits en hotels 3*, 4 nuits en hotels 2*, et 1 nuit en chambre d’hĂŽtes de charme. 995 euros par personne en avril et octobre. Le supplĂ©ment single est 365 euros 1,055 euros par personne en mai, juin et septembre. Le supplĂ©ment single est 375 euros 1,085 euros par personne en juillet et aoĂ»t. Le supplĂ©ment single est 385 euros Option A+ 1 nuit en hĂŽtel 4*, 5 nuits en hotels 3* et 1 nuit en chambre d’hĂŽtes de charme. 1,325 euros par personne en avril et octobre. Le supplĂ©ment single est 480 euros 1,395 euros par personne en mai, juin et septembre. Le supplĂ©ment single est 490 euros 1,415 euros par personne en juillet et aoĂ»t. Le supplĂ©ment single est 500 euros Le tarif inclut 7 nuits en hĂ©bergements comme listĂ© ci-dessus. Les petits dĂ©jeuners 1 dĂźner hors boissons pour l’Option A / 2 dĂźners pour l’Option A+ Rencontre avec notre reprĂ©sentant local Le transport des bagages Cartes marquĂ©es avec directions et carnet de route GPS avec l’itinĂ©raire prĂ©-chargĂ© en fonction des disponibilitĂ©s Information touristique Assistance tĂ©lĂ©phonique Les taxes et les pourboires Le tarif n'inclut pas DĂ©penses personnelles L’assurance de voyage La location des vĂ©los. Les VTC sont disponibles au prix de 125 euros par vĂ©lo. Les VAE vĂ©los Ă©lectriques sont disponibles au prix de 245 euros par vĂ©lo ces prix comprennent les frais de rapatriement des vĂ©los
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Texte intĂ©gral 1 Une premiĂšre Ă©bauche de ce travail a Ă©tĂ© publiĂ©e sous le titre La mĂ©moire des bombardements Ă  Ro ... 2 Alain GaspĂ©rini, Rouen 1940-1944 la guerre, l’occupation, la libĂ©ration, Rennes, OuestFrance, 19 ... 1 En 1944, la ville de Rouen et son agglomĂ©ration, dĂ©jĂ  touchĂ©es par un important incendie au moment de l’avance de la Wehrmacht en juin 1940 et par des attaques aĂ©riennes stratĂ©giques depuis 1942, sont la cible de bombardements anglo-amĂ©ricains destinĂ©s Ă  prĂ©parer le dĂ©barquement alliĂ© du 6 juin et Ă  accompagner les opĂ©rations militaires qui lui succĂšdent. Au terme de plusieurs mois d’affrontements qui Ă©prouvent durement une grande partie de la population civile de l’ensemble de la Normandie, Rouen est libĂ©rĂ©e par l’armĂ©e canadienne le 30 aoĂ»t 1944. Depuis une quinzaine d’annĂ©es, plusieurs ouvrages relatant la vie des Normands sous l’occupation, les bombardements et leurs consĂ©quences humaines et matĂ©rielles, ont Ă©tĂ© publiĂ©s ou rééditĂ©s. Un certain nombre d’entre eux est consacrĂ© Ă  Rouen et Ă  son agglomĂ©ration2. L’intĂ©rĂȘt des Normands pour les Ă©vĂ©nements et les divers aspects de la seconde guerre mondiale – rĂ©sistance, crimes perpĂ©trĂ©s par l’occupant et le gouvernement de Vichy, mais aussi opĂ©rations militaires et consĂ©quences pour les populations civiles – a Ă©tĂ© suscitĂ© ou ravivĂ© par les commĂ©morations du D-Day en juin 2004 et les nombreuses initiatives pĂ©dagogiques et entreprises mĂ©morielles qui les ont accompagnĂ©es. 3 Cette expression est utilisĂ©e sous forme d’interrogation par Michael Schmiedel, doctorant allemand ... 2Parmi les aspects et Ă©vĂ©nements de la seconde guerre mondiale ayant pourtant marquĂ© durablement les populations des zones sinistrĂ©es, les bombardements alliĂ©s n’ont Ă  premiĂšre vue, jusqu’à une pĂ©riode relativement rĂ©cente, suscitĂ© en France qu’une culture mĂ©morielle secondaire, Ă  laquelle succĂ©derait depuis 1994 et 2004 un certain phĂ©nomĂšne de rattrapage. Peut-on nĂ©anmoins parler d’un tabou ou d’une amnĂ©sie nationale3 » qui aurait fait disparaĂźtre cette mĂ©moire Ă  maints Ă©gards inconfortable derriĂšre des constructions mĂ©morielles plus consensuelles et davantage susceptibles de cimenter l’unitĂ© de la nation ? Ou bien faut-il considĂ©rer que la relative absence de mĂ©moire nationale des bombardements alliĂ©s sur la France est compensĂ©e par des mĂ©moires locales et rĂ©gionales plutĂŽt vivaces, qui n’ont d’ailleurs pas seulement Ă©mergĂ© 50 ou 60 ans aprĂšs la fin de la guerre ? En replaçant cette Ă©tude de cas sur la mĂ©moire rouennaise des bombardements de 1944 Ă  nos jours dans un contexte plus large, cette contribution se propose d’ouvrir quelques pistes de rĂ©flexion sur un sujet peu explorĂ© jusqu’ici. Contexte gĂ©nĂ©ral et mĂ©moires normandes 3La construction d’une mĂ©moire nationale officielle de la seconde guerre mondiale constitue sans doute le premier cadre dans lequel doit ĂȘtre replacĂ©e la mĂ©moire des bombardements alliĂ©s. Les historiennes ont mis en Ă©vidence les mĂ©canismes d’une mĂ©moire dominante construite dĂšs la LibĂ©ration pour dĂ©passer le traumatisme engendrĂ© par l’occupation et les luttes fratricides qui opposĂšrent les Français celle non pas tellement des rĂ©sistants en tant qu’individus, mais de la RĂ©sistance. Cette construction occulta durablement la mĂ©moire de la Shoah, mais de maniĂšre gĂ©nĂ©rale, les pratiques commĂ©moratives ont longtemps accordĂ© peu de place aux victimes civiles autres que rĂ©sistantes. 4 Mechtild Gilzmer, MĂ©moires de pierre – Les monuments commĂ©moratifs en France aprĂšs 1944, Paris, Au ... 4Dans son ouvrage sur les monuments commĂ©moratifs de la seconde guerre mondiale en France4, l’historienne Mechtild Gilzmer montre que le paysage mĂ©moriel constituĂ© par les monuments Ă©rigĂ©s depuis la fin du conflit reflĂšte de maniĂšre gĂ©nĂ©rale cette tendance. Mettant en garde contre une vision qui ne serait pas assez nuancĂ©e, elle met toutefois aussi l’accent sur la grande diversitĂ© des monuments commĂ©moratifs Ă©rigĂ©s dans les annĂ©es d’aprĂšs-guerre par les communes. À la lecture de son ouvrage, on est toutefois frappĂ© par la quasi-absence, dans les nombreux exemples donnĂ©s et analysĂ©s, de monuments Ă  la mĂ©moire des victimes des bombardements – terme que nous utilisons ici de prĂ©fĂ©rence Ă  celui de victimes civiles », qui peut s’appliquer aussi aux rĂ©sistants non militaires, dĂ©portĂ©s, otages fusillĂ©s, etc. Il est Ă  noter que depuis le dĂ©cret du 2 novembre 1945, toutes ces catĂ©gories purent bĂ©nĂ©ficier de l’attribution de la mention Mort pour la France », avec toutefois, dans la mise en Ɠuvre de cette reconnaissance, une hiĂ©rarchisation claire plaçant en haut de l’échelle les rĂ©sistants, et parmi eux les rĂ©sistants militaires. De nombreuses communes optĂšrent, en ajoutant par exemple une plaque Ă  leur monument aux morts existant, pour une inscription des morts pour la France sans distinction. Ceci n’exclut toutefois pas la rĂ©alisation ou du moins la conception de projets cherchant Ă  honorer diffĂ©rentes catĂ©gories, ce qui donna lieu en particulier Ă  l’érection de nombreux monuments en hommage Ă  la RĂ©sistance. Sans nier l’existence d’un paysage mĂ©moriel complexe et multiforme, dont la constitution dĂ©pendait aussi beaucoup des acteurs locaux, il faut remarquer que c’est surtout une France combattante, ayant activement participĂ© Ă  sa LibĂ©ration aux cĂŽtĂ©s des AlliĂ©s, qu’il s’agissait de cĂ©lĂ©brer pour cimenter une solidaritĂ© nationale Ă  reconstruire. 5Dans un article publiĂ© en 2009, l’historien allemand Michael Schmiedel constate qu’à de rares exceptions prĂšs, l’historiographie française ne s’est pas penchĂ©e sur la question des bombardements alliĂ©s sur la France, et met cette absence en relation avec la culture mĂ©morielle nationale dominante depuis 1945. Il Ă©voque trois raisons principales pour expliquer cette lacune 5 M. Schmiedel, dans Luftkrieg...,Îżp. cit., p. 69-70. PremiĂšrement, la confiscation de la guerre aĂ©rienne par le rĂ©gime de Vichy, qui a contaminĂ© le discours sur la guerre aĂ©rienne dans la France de l’aprĂšs-guerre ; deuxiĂšmement, l’amalgame entre coupables et victimes et l’instrumentalisation des victimes Ă  des fins de propagande dĂšs la pĂ©riode de guerre ; troisiĂšmement, enfin, le fait qu’en France, d’autres systĂšmes de rĂ©fĂ©rence de la mĂ©moire prĂ©dominaient pour construire une identitĂ© collective de la sociĂ©tĂ©5. 6 Bernard Garnier, Jean-Luc Leleu, Françoise Passera et Jean Quellien dir., Les populations civile ... 7 Ibid., p. 9-20. 8 Letitia Rodriguez, De la place accordĂ©e aux victimes civiles des bombardements et de la bataille ... 6Dans l’avant-propos des actes d’un colloque organisĂ© en 2004 par le MĂ©morial et l’universitĂ© de Caen sur les populations civiles face au dĂ©barquement et Ă  la bataille de Normandie », Claude QuĂ©tel rappelle que les historiennes ont commencĂ© par l’étude du fait militaire avant de s’intĂ©resser aux civils, une espĂšce de parent pauvre » que la logique de guerre totale a pourtant placĂ© au cƓur des conflits6. Dans le mĂȘme ouvrage, Jean Quellien expose la nĂ©cessitĂ© d’un recentrage historiographique, soulignant en particulier que la question du rapport aux libĂ©rateurs alliĂ©s a souvent donnĂ© lieu Ă  un discours politiquement correct et que la mĂ©moire des combattants a longtemps Ă©clipsĂ© la mĂ©moire des civils7. Il faut toutefois noter aussi, comme le fait Letitia Rodriguez dans une contribution Ă  ce mĂȘme colloque sur la place accordĂ©e aux victimes des bombardements dans les commĂ©morations, que face Ă  la complexitĂ© et Ă  la variĂ©tĂ© des Ă©vĂ©nements de la seconde guerre mondiale et de leurs reprĂ©sentations, une hiĂ©rarchisation des mĂ©moires Ă©tait sans doute inĂ©vitable, favorisant la mise en avant des aspects les plus glorieux8. 9 Sur ces facteurs, voir notamment ibid., ainsi que l’introduction de l’ouvrage collectif citĂ© plus ... 7Plusieurs facteurs expliquent la réémergence de la mĂ©moire des bombardements depuis les 50e et 60e anniversaires de la fin de la guerre en 1994 et en 20049. Tout d’abord, il semblerait que les controverses sur les choix tactiques des AlliĂ©s soient aujourd’hui moins occultĂ©es – levĂ©e d’un tabou qu’il faut peut-ĂȘtre saluer tout en soulignant la nĂ©cessitĂ© de replacer ces choix dans l’enchaĂźnement des faits et des rĂ©alitĂ©s de la seconde guerre mondiale. Ensuite, il faut prendre en considĂ©ration la disparition progressive des tĂ©moins accompagnĂ©e d’un dĂ©veloppement important de l’histoire orale et l’arrivĂ©e d’une gĂ©nĂ©ration, y compris parmi les institutionnels impliquĂ©s dans les commĂ©morations, qui n’a pas connu la seconde guerre mondiale. Enfin, un nouvel environnement favorise, dans l’évolution des mentalitĂ©s occidentales, la prise en compte des victimes civiles en gĂ©nĂ©ral, Ă  l’heure oĂč s’affaiblit en revanche l’image du hĂ©ros. 10 Voir Henning Meyer, Les musĂ©es de la seconde guerre mondiale et la transmission de la mĂ©moire. L ... 11 AprĂšs avoir publiĂ© en 1994-1995 plusieurs ouvrages sur les victimes civiles dans les trois dĂ©parte ... 12 L. Rodriguez, dans op. cit., p. 299. 13 Ibid. 14 Ce secrĂ©tariat n’a eu qu’une existence Ă©phĂ©mĂšre, de mars 2004 Ă  mai 2005. 15 16 Par exemple sur le site officiel Chemins de mĂ©moire », créé par le ministĂšre de la DĂ©fense dans ... 8Un bref aperçu de la mĂ©moire des bombardements telle qu'elle est construite en Normandie, principalement depuis quelques annĂ©es, permet de donner quelques Ă©lĂ©ments supplĂ©mentaires de contextualisation, mĂȘme s’il fait apparaĂźtre une certaine distorsion entre la Haute-Normandie et les trois dĂ©partements de Basse-Normandie, qui ont largement bĂ©nĂ©ficiĂ© du rayonnement du MĂ©morial de Caen dans la prise en compte des rĂ©alitĂ©s complexes et multiples de la pĂ©riode d’occupation, avec une approche qui n’exclut pas les victimes civiles de la guerre aĂ©rienne. InaugurĂ© en 1988 sous l’impulsion du maire UDF Jean-Marie Giraud, qui a vĂ©cu les bombardements de 1944 comme Ă©quipier de la Croix-Rouge, le MĂ©morial de Caen est certes dĂ©diĂ© Ă  tous les aspects de la seconde guerre mondiale. Il tire toutefois son origine – exprimĂ©e dans la conception architecturale mĂȘme du bĂątiment qui l’abrite, basĂ©e sur l’idĂ©e de fracture – de l’expĂ©rience traumatisante de la destruction, qui doit justement faire de la ville de Caen l’ambassadrice de la paix et de la dĂ©fense de la libertĂ©10. En 1994, des veillĂ©es-tĂ©moignages organisĂ©es entre autre par le MĂ©morial donnent la parole aux habitants de la rĂ©gion, qui font part notamment de leur vĂ©cu des bombardements. L’expĂ©rience est renouvelĂ©e en 2004. ParallĂšlement, l’historiographie s’intĂ©resse Ă  cette thĂ©matique, comme Ă  l’occasion du colloque Ă©voquĂ© plus haut, organisĂ© Ă  la demande du conseil gĂ©nĂ©ral du Calvados par le centre de recherche d’histoire quantitative de l’universitĂ© de Caen associĂ© au MĂ©morial, auquel on doit dĂ©jĂ  plusieurs publications sur les victimes civiles en Normandie11. Outre le travail historiographique et pĂ©dagogique, c’est Ă©galement la pratique commĂ©morative officielle qui s’étend, Ă  l’initiative du comitĂ© Normandie mĂ©moire » créé en 2002, rĂ©unissant 582 mairies et 141 associations de Basse-Normandie et entendant bien n’oublier aucune catĂ©gorie de victimes12. Si, comme l’a Ă©tudiĂ© Letitia Rodriguez pour la Basse-Normandie, les commĂ©morations municipales et mĂȘme plusieurs monuments communaux ont accordĂ© depuis la fin de la guerre une place finalement notable – bien que secondaire par rapport au souvenir des opĂ©rations militaires – aux victimes civiles des bombardements13, le 60e anniversaire du dĂ©barquement et de la bataille de Normandie constitue pour la premiĂšre fois l’occasion d’un hommage rĂ©gional, Ă  l’initiative du conseil rĂ©gional de Basse-Normandie et de l’association Normandie mĂ©moire ». La secrĂ©taire d’État aux Droits des victimes14 Nicole Guedj reprĂ©sente mĂȘme, au cours d’une premiĂšre journĂ©e consacrĂ©e au souvenir des victimes civiles organisĂ©e le 7 juin 2004 Ă  Saint-LĂŽ, le gouvernement au nom duquel elle rappelle le caractĂšre indispensable du devoir de mĂ©moire, aussi bien par les institutions que par les citoyens, y compris concernant les victimes civiles15 ». La cĂ©rĂ©monie culmine dans l’enchĂąssement de la liste des victimes de la rĂ©gion dans un rĂ©ceptacle placĂ© au pied du monument Ă  la mĂ©moire des victimes du bombardement de Saint-LĂŽ. DĂ©sormais pĂ©rennisĂ©e, cette commĂ©moration est organisĂ©e chaque annĂ©e dans l’une des communes sinistrĂ©es des trois dĂ©partements de la rĂ©gion. MalgrĂ© la prĂ©sence ministĂ©rielle, il serait toutefois abusif de parler d’une mĂ©moire nationale en cours d’institutionnalisation16. 17 C’est sans doute autour de 1949 qu’est apposĂ©e au pied du Monument aux morts de la premiĂšre guerre ... 18 Voir en particulier Andrew Knapp, The Destruction and Liberation of Le Havre in Modem Memory », ... 9En Haute-Normandie, l’hommage se fait globalement plus discret. Au Havre, oĂč les bombardements de septembre 1944 ont fait prĂšs de 2 000 victimes, le souvenir est vivace dans l’immĂ©diat aprĂšs-guerre et explique sans doute la réélection en 1947 de Pierre Courant, qui a dĂ©jĂ  Ă©tĂ© maire sous Vichy, mais auquel une partie des Havrais reste attachĂ©e en raison de sa prĂ©sence auprĂšs de la population pendant les opĂ©rations de secours17. Dans les dĂ©cennies qui suivent son dĂ©part et qui scelle l’influence des communistes sur la ville, cette mĂ©moire passe clairement Ă  l’arriĂšre-plan, et la prĂ©sence de monuments aux victimes civiles reste discrĂšte18. Parmi les initiatives rĂ©centes, il faut toutefois noter l’apposition, en 2004, par le maire Antoine Rufenacht, d’une plaque rappelant Ă  l’entrĂ©e du tunnel Jenner l’ensevelissement de 319 Havrais qui s’y Ă©taient rĂ©fugiĂ©s au cours du bombardement du 6 septembre 1944. Mais Le Havre a globalement privilĂ©giĂ© la mĂ©moire de sa reconstruction, avec le classement de son centre-ville au patrimoine mondial de l’UNESCO, alors que Rouen a intensifiĂ© depuis 2004 des initiatives mĂ©morielles qui incluent assez largement aussi la question des bombardements. Le contexte rouennais de la propagande contre les bombardements alliĂ©s aux constructions mĂ©morielles dominantes de l’aprĂšs-guerre 19 Le chiffre de 816 morts est retenu par M. Dandel et al, op. cit., p. 55. 20 Pariser Zeitung, 16 mai 1944, dossier de coupures de presse Extraits de journaux relatant les b ... 10La propagande de l’occupant allemand et de Vichy, qui a dĂ©jĂ  largement exploitĂ© les bombardements sur la France pour tenter de faire naĂźtre dans les populations civiles un sentiment anti-alliĂ©, s’intensifie Ă  l’approche du dĂ©barquement. Les raids britanniques sur le complexe ferroviaire de Sotteville-lĂšs-Rouen, dans la nuit du 18 au 19 avril 1944, qui touchent aussi le centre-ville de Rouen et qui font plus de 800 victimes dans l’agglomĂ©ration19, sont instrumentalisĂ©s tant au plan national que local. Affiches et autres documents mettent en scĂšne la figure patriotique de Jeanne d’Arc, brĂ»lĂ©e Ă  Rouen par les Anglais mais bien dĂ©cidĂ©e Ă  ne pas laisser l’ envahisseur » britannique reprendre possession de la France. Fe thĂšme est dĂ©clinĂ© Ă  l’envi, comme sur cette affiche couleur de sang et de feu reprĂ©sentant la sainte, les mains liĂ©es, qui semble s’élever au-dessus de la ville de Rouen transformĂ©e en bĂ»cher, avec cette inscription accusatrice Les assassins reviennent toujours sur les lieux de leur crime. » Fe motif de Jeanne au bĂ»cher devant la cathĂ©drale de Rouen en flammes est repris sous le simple titre Rouen 1431-1944 » dans un dessin en noir et blanc du journal de l’occupant en France, le Pariser Zeitung20. 11La propagande iconographique s’accompagne d’un discours lui aussi construit autour de la citĂ© martyre ». DĂšs le lendemain du bombardement nocturne, le secrĂ©taire d’État Ă  l’Information et Ă  la Propagande, Philippe Henriot, dĂ©cline dans une allocution radiophonique le motif des barbares qui dĂ©truisent un joyau de la culture de l’Occident en pĂ©ril 21 La France terre brĂ»lĂ©e », 19 avril, 12 h 40, Éditoriaux prononcĂ©s Ă  la radio par Philippe Henrio ... Et l’une des plus belles villes de France connaissait le sort de tant de villes d’art d’Italie et d’Allemagne. [...] Quelle richesse d’art, quel trĂ©sor de beautĂ©, quelle vie humaine apparaĂźtrait assez prĂ©cieuse Ă  des gens qui se moquent Ă©perdument de ce qu’ils ne comprennent pas s’ils sont AmĂ©ricains et qui dĂ©sirent dĂ©truire tout ce qui est français du moment qu’ils sont Anglais21. Figure no 83 page suivante – Affiche de propagande anti-britannique, 1944. 22 Service interministĂ©riel de protection contre les Ă©vĂ©nements de guerre, créé en 1943 pour apporter ... 23 Reportage France-ActualitĂ©s du 19 mai 1944, 2 mn 35 s., archives en ligne de l’Institut national d ... 12Autre thĂšme rĂ©current de la propagande nationale, la solidaritĂ© des sinistrĂ©s, l’hĂ©roĂŻsme des sauveteurs Ă  l’Ɠuvre et l’efficacitĂ© de l’intervention des pouvoirs publics, avec l’arrivĂ©e en gare de Rouen, malgrĂ© les destructions ferroviaires, du train du SIPEG22. La visite que rend le marĂ©chal PĂ©tain le 14 mai 1944 Ă  la premiĂšre des villes martyres » au cours de son pĂšlerinage tragique » Ă  travers les rĂ©gions sinistrĂ©es, est l’occasion d’exhorter la solidaritĂ© nationale, autour de Jeanne qui doit rester plus que jamais le symbole, l’ñme de notre unitĂ©, de cette unitĂ© si ardemment demandĂ©e aux Français par le glorieux soldat23 ». 24 Journal de Rouen, 20 avril 1944. 25 Dans leur ouvrage sur le 19 avril 1944, P. Le TrĂ©vier et D. Rose montrent l’enchaĂźnement des erreu ... 26 Journal de Rouen, 28 avril 1944. 13Au plan local, le Journal de Rouen relaie trĂšs largement, aprĂšs le 19 avril 1944 puis de nouveau Ă  l’occasion de la semaine rouge » en mai-juin 1944, les thĂšmes dĂ©veloppĂ©s par la propagande nationale. Les articles invectivent la barbarie amĂ©ricaine [qui] rejoint ici la moscovite24 ». L’hommage aux victimes innocentes s’accompagne d’une hĂ©roĂŻsation du dĂ©vouement des Ă©quipes de secours, interprĂ©tĂ© comme l’expression d’une ferveur patriotique sans faille. Dans l’argumentaire national et local, on ne se contente pas de dĂ©noncer les erreurs de visĂ©e fatales aux zones d’habitation et aux populations civiles25 ; on dĂ©nie bien plutĂŽt toute lĂ©gitimitĂ© stratĂ©gique aux raids terroristes ». Et le Journal de Rouen publie la protestation officielle contre l’épouvantable attentat subi par notre ville » exprimĂ©e par le conseil municipal de Rouen et le maire RenĂ© Stackler, qui renouvelle Ă  cette occasion au marĂ©chal PĂ©tain l’assurance de son absolue loyautĂ© et de son entiĂšre fidĂ©litĂ©26 ». L’accusation de terrorisme » portĂ©e aux AlliĂ©s comme elle le fut Ă©galement pendant l’occupation aux rĂ©sistants permet de mieux comprendre quelle ombre a pu planer dans l’aprĂšs-guerre sur une mĂ©moire spĂ©cifique des bombardements, peu compatible avec l’hommage rendu aux libĂ©rateurs associĂ©s aux principales commĂ©morations. 27 AMVR, 1M3. Sauf prĂ©cision contraire, les informations relatives aux plaques et monuments commĂ©mora ... 28 Le texte du dĂ©cret est reproduit dans le recueil des actes administratifs du dĂ©partement de Seine- ... 14ConformĂ©ment Ă  cette hypothĂšque ainsi qu’aux schĂ©mas dominants de reconstruction identitaire de la sociĂ©tĂ© française, il semble de prime abord qu’à Rouen comme ailleurs, ce soit plutĂŽt l’image d’une France combattante qui ait dominĂ© les pratiques commĂ©moratives depuis la fin du conflit. Trois lieux de mĂ©moire rouennais jouent un rĂŽle de premier plan, en particulier dans les commĂ©morations de la libĂ©ration de la ville. Au centre-ville, c’est tout d’abord le monument Ă  la victoire de 1914-1918 qui, dans une continuitĂ© des deux guerres affirmĂ©e au plan national, est Ă©galement dĂ©diĂ© Ă  celle de 1939-1945 ». Autre lieu central, la rue du Donjon oĂč Ă©tait situĂ© pendant l’occupation l’immeuble de la Gestapo, et oĂč la FĂ©dĂ©ration nationale des dĂ©portĂ©s et internĂ©s de la RĂ©sistance fait apposer dĂšs 194827 une plaque en hommage aux rĂ©sistants et dĂ©portĂ©s politiques - le gĂ©nocide des juifs restant Ă©clipsĂ© pendant des dĂ©cennies par cette construction mĂ©morielle dominante. Le lieu rouennais sans doute le plus emblĂ©matique de l’hommage que la France de l’aprĂšs-guerre rend Ă  ses hĂ©ros est le stand des fusillĂ©s » du Madrillet situĂ© sur un terrain appartenant alors Ă  la ville de Rouen. C’est lĂ  oĂč les Allemands fusillĂšrent quelque 80 rĂ©sistants du dĂ©partement qu’est inaugurĂ© en 1949 le monument des Martyrs de la RĂ©sistance de Seine-InfĂ©rieure, lieu de commĂ©moration jusqu’à aujourd’hui. On comprend mieux comment s’articulent mĂ©moire locale de la rĂ©sistance et constructions mĂ©morielles nationales lorsque l’on sait que le projet a Ă©tĂ© soumis avec succĂšs Ă  la Commission centrale des monuments commĂ©moratifs instaurĂ©e par un dĂ©cret du 16 janvier 1947 pour coordonner l’érection des principaux monuments sur le territoire, qui devaient en premier lieu commĂ©morer des faits glorieux de la guerre28 ». Figure no 84 – Monument des Martyrs de la RĂ©sistance. CĂ©rĂ©monie commĂ©morative, fin des annĂ©es 1950 ?. 29 BibliothĂšque Jacques-Villon, Rouen, dossier de presse Guerre 1939-1945 », no 2 bis. Ici, Paris-N ... 30 Ibid., Paris-Normandie, 31 aoĂ»t 1982. 15Les commĂ©morations de la libĂ©ration de Rouen, qui ont souvent lieu en prĂ©sence de soldats canadiens entrĂ©s dans Rouen et d’anciens rĂ©sistants de renommĂ©e nationale, ont pour principal objectif d’honorer la mĂ©moire des hĂ©ros tombĂ©s pour la cause de la libertĂ© » et d’exprimer la gratitude des Rouennais Ă  ceux qui leur ont apportĂ© la dĂ©livrance ». La question des bombardements est la grande absente des cĂ©rĂ©monies et des discours officiels pendant plus d’une vingtaine d’annĂ©es, mais Ă  partir de 1964, la presse locale commence Ă  profiter des anniversaires de la libĂ©ration de la ville pour Ă©voquer les destructions. Il faut attendre la fin des annĂ©es 1960 pour que le maire de Rouen Jean Lecanuet, puis d’autres officiels invitĂ©s, rappellent les larmes de deuil qui marquĂšrent, pour les Rouennais, la pĂ©riode comprise entre le 6 juin et le 30 aoĂ»t 194429 ». Le contexte est alors modifiĂ© par la distance historique mais peut-ĂȘtre aussi par l’inauguration d’un monument aux victimes civiles le 19 avril 1964, que nous Ă©tudierons plus loin. C’est surtout Ă  partir du 30e anniversaire, et plus encore dans les annĂ©es 1980, que les officiels locaux ou invitĂ©s rappellent l’amertume des Rouennais qui ont payĂ© un lourd tribut Ă  leur libĂ©ration. Ainsi, AndrĂ© Jarrot, compagnon de la LibĂ©ration et ancien ministre invitĂ© Ă  l’occasion du 38e anniversaire, Ă©voque-t-il en 1982 trĂšs concrĂštement les bombardements subis par la population Ceux Ă  qui il a Ă©tĂ© donnĂ© de vivre, il y a 38 ans, le terrible drame oĂč la ville a failli pĂ©rir, en ont encore les oreilles qui bourdonnent au bruit des bombes qui Ă©clatent et les yeux rougis par l’insomnie, les nerfs brisĂ©s par l’émotion30. » Les principales commĂ©morations annuelles ne sont certes pas, du moins pendant longtemps, centrĂ©es sur le souvenir des bombardements ; et quand les officiels les Ă©voquent plusieurs dĂ©cennies plus tard, c’est souvent sans rappeler dans quel contexte ils se sont dĂ©roulĂ©s et c’est plutĂŽt pour assurer que les souffrances subies furent pour ainsi dire sublimĂ©es par la LibĂ©ration. Pourtant, les hommages que rend parallĂšlement la ville en d’autres circonstances doivent Ă©carter la thĂšse d’un tabou qui aurait pesĂ© pendant plusieurs dĂ©cennies sur la question. Victimes actives » et passives » des bombardements dans les pratiques commĂ©moratives des deux premiĂšres dĂ©cennies de l’aprĂšs-guerre 16En lien avec des constructions mĂ©morielles mettant en scĂšne plutĂŽt des hĂ©ros que des victimes passives », une partie importante des pratiques commĂ©moratives de l’immĂ©diat aprĂšs-guerre liĂ©es aux bombardements honore celles et ceux qui ont tentĂ© de secourir les personnes ensevelies dans les dĂ©combres des bĂątiments bombardĂ©s. Il s’agit principalement des diffĂ©rents corps de pompiers qui sont intervenus Ă  Rouen et de la DĂ©fense passive DP – deux groupes qui participent activement Ă  la construction d’une mĂ©moire, en relation Ă©troite avec les acteurs institutionnels. 31 Voir Ă  ce propos les diffĂ©rents Ă©changes Ă©pistolaires conservĂ©s aux archives municipales AMVR, 1M ... 32 Dimanche 17 juillet 1949 Le prĂ©sident Auriol remit la LĂ©gion d’honneur Ă  la ville de Rouen », ... 33 Le gĂ©nĂ©ral Piollet inaugure un mĂ©morial Ă  la DP », Normandie peu aprĂšs rebaptisĂ© ParisNormandie... 17DĂšs 1946, une plaque commĂ©morative est inaugurĂ©e, avec l’accord de la municipalitĂ©, par les sapeurs-pompiers de Paris Ă  la mĂ©moire de leurs membres morts au feu » au cours des bombardements de dĂ©but juin 194431. Suite Ă  la dĂ©molition de l’immeuble oĂč Ă©tait apposĂ©e la plaque d’origine, une nouvelle plaque monumentale – sur laquelle une ligne de fracture symbolise deuil et destruction – est fixĂ©e en 1954 sur le mur ouest du Palais des consuls qui vient d’ĂȘtre reconstruit. À l’occasion de la remise de la LĂ©gion d’honneur Ă  la ville par le prĂ©sident Auriol en 1949, les pompiers de Rouen se voient dĂ©cerner la mĂ©daille d’or des actes de courage et de dĂ©vouement32 ». Le conseil municipal de Rouen souhaite aussi rendre hommage Ă  la DP en remettant un drapeau Ă  son amicale et en dĂ©voilant en juin 1947 dans le hall de l’hĂŽtel de ville une plaque commĂ©morative Ă  ses morts. Comme pour les pompiers, c’est l’ hĂ©roĂŻque conduite » des Ă©quipiers de la DP qui est saluĂ©e par le maire Jacques Chastellain33. Les Ă©quipes de la DP, qui avait entre autre pour mission de protĂ©ger les populations civiles des effets de la guerre, sont intervenues pendant les bombardements pour fournir une aide d’urgence aux blessĂ©s et aux sinistrĂ©s. 34 SĂ©ance du conseil municipal du 28 avril 1947 AMVR, 1M3. 35 Un article avec photo du journal Normandie des 24, 25 et 26 mai 1947 montre la pose de la clef de ... 36 ProcĂšs-verbal de la rĂ©union du jury chargĂ© de l’examen des projets, 11 septembre 1947 AMVR, 1M3. 37 Un mĂ©morial aux victimes de la guerre. La ville de Rouen retient le projet de MM. RenĂ© et Jean-P ... 18La longue prĂ©histoire du monument amĂ©nagĂ© sur la place du Gaillardbois montre toutefois que la ville de Rouen souhaite aussi trĂšs tĂŽt associer toutes les victimes des bombardements. Le 28 avril 1947, le conseil municipal exprime la nĂ©cessitĂ© d’ un monument dont la vue permanente rappellerait aux Rouennais le souvenir des chers disparus, victimes obscures et, hĂ©las, trop nombreuses d’une guerre qui nous a Ă©tĂ© imposĂ©e par la dĂ©fense de la LibertĂ©34 ». L’idĂ©e d’un concours est lancĂ©e sera amĂ©nagĂ©e en monument, avec des dĂ©corations appropriĂ©es, l’ancienne porte de la Douane, dernier vestige de l’hĂŽtel du mĂȘme nom situĂ© sur les quais de Seine et dĂ©truit par un bombardement meurtrier au cours de la semaine rouge ». À cette Ă©poque, la porte de la Douane, dĂ©placĂ©e, est en cours de réédification Ă  l’emplacement du pignon ouest de la future halle aux Toiles35. À l’issue de sa rĂ©union du 11 septembre 194736, le jury du concours dĂ©cide toutefois de n’attribuer, au vu des projets prĂ©sentĂ©s, qu’un seul et unique second prix Ă  deux architectes rouennais qui ont proposĂ© comme Ă©lĂ©ments d’amĂ©nagement une grande couronne mortuaire sculptĂ©e ainsi qu’une urne funĂ©raire de laquelle doit s’élever une flamme Ă©ternelle37. 38 Il n’y a de trace d’une telle requĂȘte ni dans les archives municipales, ni aux Archives nationales ... 19Il ne semble pas que ce projet, bien qu’il dĂ©passĂąt Ă  priori le cadre d’une simple dĂ©cision prĂ©fectorale, ait Ă©tĂ© prĂ©sentĂ© Ă  la Commission centrale des monuments commĂ©moratifs38. Parce que celle-ci aurait Ă©tĂ© susceptible de le rejeter pour des raisons esthĂ©tiques, voire politiques, car il ne rendait pas hommage Ă  des victimes actives » ? On peut au moins Ă©mettre cette hypothĂšse. Prenant connaissance du dĂ©cret instaurant cette commission Ă©tatique, il est possible que le conseil municipal ait dĂ©cidĂ© d’ajourner son projet. 39 Le Monument National aux Victimes Civiles de la guerre sera-t-il Ă©rigĂ© Ă  Rouen ? », LibertĂ©-Dima ... 40 Voir M. Gilzmer, op. cit. 41 Voir l’article citĂ© note 39. 42 MĂ©morial aux victimes civiles inaugurĂ© le 19 avril », par R. Parment, Paris-Normandie, 9 janvier ... 43 L. Rodriguez, op. cit., p. 293. M. Schmiedel note Ă©galement la tenue, Ă  Lyon en 1964, d’une cĂ©rĂ©mo ... 20La rĂ©alisation de ce projet de monument aux victimes civiles des bombardements est de nouveau Ă  l’ordre du jour au dĂ©but des annĂ©es 1960. Selon la presse, il serait mĂȘme question de faire de la porte de la Douane un mĂ©morial non seulement municipal, mais aussi national39. Le contexte ne paraĂźt pourtant guĂšre favorable, car si De Gaulle entend renforcer au niveau national le programme d’édification de monuments commĂ©moratifs, c’est pour exploiter encore davantage le rĂ©cit fondateur d’une France rĂ©sistante40. Mais il semble que le dĂ©putĂ© gaulliste et adjoint au maire de Rouen Roger Dusseaulx ait plaidĂ© le dossier auprĂšs du prĂ©sident de la RĂ©publique41. C’est finalement le 19 avril 1964 qu’est inaugurĂ© le monument dont la portĂ©e reste locale et dont la configuration prend la forme d’une simple inscription, sans autre mise en contexte, sur le mur aveugle de la porte de la Douane 1940-1944 – À la mĂ©moire des membres de la DĂ©fense passive et des victimes civiles des bombardements de Rouen et de son agglomĂ©ration. » Quelques semaines avant l’inauguration, le journaliste Roger Parment salue cette initiative qui honorera les morts civils, ceux sur lesquels depuis vingt ans on fait silence, ceux dont jamais nul n’appelle les noms42 », accrĂ©ditant la thĂšse – Ă  nuancer comme on l’a vu – du tabou qui aurait pesĂ© sur cette mĂ©moire depuis la LibĂ©ration. Si l’on veut lĂ  encore replacer la mĂ©moire rouennaise dans un contexte plus large, on constatera que le 20e anniversaire de la fin de la guerre, en 1964, a favorisĂ© une réémergence au moins temporaire de la prise en compte des victimes des bombardements. La mĂȘme annĂ©e, le ministre des Anciens Combattants participe mĂȘme, Ă  Caen et Ă  Saint-LĂŽ, aux cĂ©rĂ©monies qui leur sont dĂ©diĂ©es43. Pour Rouen, la date de commĂ©moration logiquement choisie est celle du bombardement – le seul nocturne – qui semble avoir le plus traumatisĂ© les habitants de la ville et des communes environnantes. Figure no 85 – Le monument de la porte de la Douane, place du Gaillardbois. 44 AMVR, 3K1. Je reproduis ici en italique l’ajout manuscrit, qui comporte en outre une rature cou ... 45 LibertĂ©-Dimanche, 19 avril 1964. 46 In memoriam », par R. Parment, LibertĂ©-Dimanche, 19 avril 1964. 21La cĂ©rĂ©monie d’inauguration sur la place du Gaillardbois est l’occasion, vingt ans aprĂšs Vichy, d’une assez curieuse rĂ©conciliation – ou du moins d’une communion dans le deuil – favorisĂ©e peut-ĂȘtre par le fait que ce sont les centristes indĂ©pendants qui dominent le paysage politique municipal, au-delĂ  donc du clivage entre gaullistes et communistes. Parmi les invitĂ©s officiels au grand dĂ©jeuner organisĂ© par la ville, on remarque la prĂ©sence de l’ancien maire RenĂ© Stackler, que le maire Bernard Tissot remercie dans son discours d’inauguration pour les efforts de coordination des secours qu’il a fournis en 1944. Ce discours s’ouvre par ailleurs sur une condamnation gĂ©nĂ©rale de la guerre, et l’ajout manuscrit sur la version dactylographiĂ©e apparaĂźt comme une concession Ă  des constructions mĂ©morielles dominantes peut-ĂȘtre plus nationales que locales La guerre, malgrĂ© l’hĂ©roĂŻsme des combattants il faut dire, la hideuse guerre, cette folie, ce pĂ©chĂ© des hommes les tue et dĂ©vaste leurs foyers44. » Les journaux rĂ©gionaux de l’époque consacrent de trĂšs longs articles Ă  cet Ă©vĂ©nement, qui constitue sans doute le point culminant de la mĂ©moire rouennaise officielle des bombardements au XXe siĂšcle. Ce qui frappe dans la documentation consultĂ©e, c’est globalement l’absence de distance par rapport au rĂ©gime de Vichy LibertĂ©-Dimanche reproduit mĂȘme sans commentaire critique des extraits du Journal de Rouen d’avril 1944 dĂ©nonçant la barbarie amĂ©ricaine » – alors que dans les autres articles, il est Ă  peine question des stratĂ©gies militaires des AlliĂ©s45. La volontĂ© d’unir les Rouennais commence Ă  ĂȘtre associĂ©e Ă  la nĂ©cessitĂ© d’Ɠuvrer pour la paix et de sensibiliser les gĂ©nĂ©rations futures. C’est ainsi que l’on peut lire sous la plume de Roger Parment, dans un pathos trĂšs gĂ©nĂ©ralisateur, que la cĂ©rĂ©monie ne prendra tout son sens que si l’on associe toutes les victimes civiles de cette guerre europĂ©enne, [...] tous ces morts [qui] ont fini dans la mĂȘme injustice, du fait de la barbarie universelle46 ». Ce qui importe ne semble pas tant de replacer les Ă©vĂ©nements dans leur contexte que de permettre aux Rouennais de faire un travail de deuil, Ă  l’issue de la reconstruction de la ville qui a occupĂ© les esprits jusqu’alors. 47 BibliothĂšque Jacques-Villon, Rouen, dossier de presse citĂ© plus haut. 22Dans les annĂ©es et dĂ©cennies qui suivent, la mĂ©moire des bombardements semble certes redevenir l’apanage d’un groupe, celui des anciens de la DP, qui continuent Ă  se rassembler sur la place du Gaillardbois chaque 19 avril. Mais dans la presse locale, les anniversaires de la libĂ©ration deviennent de plus en plus l’occasion d’évoquer aussi les destructions de la ville en 1944, puis de donner la parole aux Rouennais qui les ont vĂ©cues47. Un tournant dans la mĂ©moire des bombardements rouennais ? Les annĂ©es 1994-2011 23Cette idĂ©e de donner la parole aux tĂ©moins culminera Ă  l’occasion du 60e anniversaire de la LibĂ©ration en 2004. On peut toutefois considĂ©rer que la mĂ©moire des bombardements entre au cours des annĂ©es 1990 dans une nouvelle phase, favorisant davantage la mĂ©diation culturelle et les initiatives pĂ©dagogiques que la commĂ©moration au sens strict, avec une vision qui se veut plus multiforme de la seconde guerre mondiale. 48 AMVR, recueil des dĂ©libĂ©rations du conseil municipal, sĂ©ance du 8 juillet 1994. 49 Je remercieMme Chantier, des archives municipales de Sotteville-lĂšs-Rouen, de m’avoir communiquĂ© c ... 24À l’issue de l’amĂ©nagement des espaces du Palais, qui constitue l’une des ultimes entreprises de la reconstruction de Rouen, a Ă©tĂ© laissĂ©e vierge une placette que le conseil municipal dĂ©cide, au cours de sa sĂ©ance du 8 juillet 1994, de dĂ©nommer place du 19 avril 1944 ». Le maire de l’époque, François Gautier UDF, indique qu’il s’est agi d’une suggestion des habitants du quartier. Il ne semble pas que la proposition ait fait dĂ©bat entre la majoritĂ© et l’opposition48. Cette mĂȘme annĂ©e, la municipalitĂ© socialiste de Sotteville-lĂšs-Rouen va plus loin dans l’hommage rendu aux victimes des bombardements, en inaugurant Ă  l’occasion de l’anniversaire du 19 avril 1944 une stĂšle sur laquelle sont gravĂ©s les noms des 561 Sottevillais dĂ©cĂ©dĂ©s cette nuit-lĂ . Une deuxiĂšme stĂšle formĂ©e d’un contrepoids de grue ayant servi Ă  la reconstruction, mais qui pourrait Ă©galement Ă©voquer une pierre tombale, rappelle que le vieux Sotteville » a Ă©tĂ© complĂ©ment anĂ©anti ». Elle constitue avec la premiĂšre un petit ensemble monumental symboliquement placĂ© au pied des immeubles de la Zone verte conçus par l’architecte Marcel Lods dans les annĂ©es d’aprĂšs-guerre, et devient lieu de commĂ©moration annuelle Ă  partir de 199449. Associer ainsi mĂ©moire des destructions et de la reconstruction nous semble constituer une initiative officielle assez inĂ©dite. 50 Interview de D. Denry par Jacques Petit À nouvelle place nouveau dĂ©cor – la fontaine de la Pla ... 51 AMVR, 8W1164/996. 25Peu aprĂšs avoir baptisĂ© la nouvelle place du 19 avril 1944, le conseil municipal de Rouen dĂ©cide quant Ă  lui de lancer un concours pour y implanter une fontaine. C’est le sculpteur Dominique Denry qui a le rĂ©flexe de choisir la thĂ©matique par rapport au nom de la place. La sculpture placĂ©e au centre de la fontaine et baptisĂ©e Au bout de l’errance reprĂ©sente une famille qui pourrait figurer la communautĂ© rouennaise qui, dans une dĂ©ambulation théùtralisĂ©e, quitte les ruines de ce funeste jour [...] pour se tourner vers l’avenir et repartir... reconstruire, recommencer50 ». Le projet de Dominique Denry reçoit l’avis unanime du jury de concours – composĂ© en partie d’élus locaux – pour des raisons esthĂ©tiques mais aussi parce que le lien avec l’histoire » a Ă©tĂ© retenu comme l’un des principaux critĂšres de sĂ©lection51. 52 La fontaine de Dominique Denry inaugurĂ©e place du 19 avril 1944 », LibertĂ©-Dimanche, 21 dĂ©cembre ... 53 Entretien de D. Denry avec l’auteure, 30 dĂ©cembre 2009. 26La ville adhĂšre ainsi Ă  la double perspective destruction/reconstruction choisie par l’artiste. Il est en revanche difficile de savoir si la majoritĂ© municipale de l’époque, qui perd les Ă©lections de juin 1995 au moment oĂč est rĂ©alisĂ© le projet, avait l’intention de profiter de l’inauguration de la fontaine pour rendre un hommage aux victimes des bombardements. Toujours est-il que cette inauguration a lieu trĂšs discrĂštement en fin d’annĂ©e52. Si le sculpteur n’a pas souhaitĂ© lui-mĂȘme crĂ©er un monument » en tant que tel, il n’exclut pas une rĂ©appropriation du lieu par la volontĂ© commune53. À l’époque oĂč le monument de la place du Gaillardbois, plutĂŽt excentrĂ©e, n’avait plus de vĂ©ritable sens que pour les membres encore en vie de l’Amicale de la DP, une nouvelle place dĂ©nommĂ©e tardivement, avec une fontaine Ă©voquant les bombardements, pouvait-elle alors offrir le cadre de commĂ©morations diffĂ©rentes de celles instaurĂ©es dans les dĂ©cennies prĂ©cĂ©dentes ? 54 Rouen Magazine, supplĂ©ment du 15 avril 2004, Rouen, mĂ©moires 44 – Les Rouennais dans la guerre, ic ... 55 Rouen mĂ©moires 44, Ă©ditĂ© par la ville de Rouen, septembre 2004. Voir les extraits reproduits dans ... 56 AMVR, sĂ©ance du conseil municipal, 29 mars 2004. 57 Cette nuit-lĂ , il pleuvait des coups durs », Paris-Normandie, 19 avril 2004. 58 Entretien de L. Leforestier avec l’auteure, 4 fĂ©vrier 2010. 27En 2004, Ă  l’occasion du 60e anniversaire du dĂ©barquement alliĂ© en Normandie, la ville de Rouen souhaite largement s’associer aux manifestations du souvenir, et dĂ©veloppe un important programme commĂ©moratif, culturel et pĂ©dagogique qui doit Ă©clairer les diffĂ©rents aspects de l’occupation et de la fin de la guerre. Dans l’éditorial du numĂ©ro spĂ©cial de Rouen Magazine d’avril 2004, le maire Pierre Albertini rappelle l’ampleur des destructions, lourd tribut que Rouen a payĂ© pour sa libĂ©ration et celle du pays, et la souffrance des habitants sous l’occupation. S’il ne gomme pas complĂštement les manifestations de bassesse » qui ont pu accompagner cette souffrance, il ne s’appesantit pas non plus sur les crimes de Vichy et les complicitĂ©s rouennaises, mais inscrit le devoir de mĂ©moire dans une perspective europĂ©enne de rĂ©conciliation54. Le programme envisagĂ© et concrĂ©tisĂ© accorde une large place Ă  la mĂ©moire des bombardements de 1944. Sous la forme, par exemple, d’un appel Ă  tĂ©moins qui aboutit Ă  la publication, en septembre 2004, d’un recueil d’entretiens dont un chapitre est consacrĂ© au quotidien sous les bombes alliĂ©es55. L’initiative est complĂ©tĂ©e par des rencontres intergĂ©nĂ©rationnelles, diverses expositions et des ateliers d’éducation populaire. MĂ©diation culturelle et patrimoine immatĂ©riel constituent ainsi le cƓur d’une nouvelle approche dĂ©fendue par Laure Leforestier, adjointe au patrimoine, dans un rapport adoptĂ© par le conseil municipal sans dĂ©bats ni opposition particuliĂšre56. Les commĂ©morations, dont le volet consacrĂ© Ă  la libĂ©ration de la ville s’inscrit dans la continuitĂ© des prĂ©cĂ©dents hommages, prennent en revanche pour la mĂ©moire des bombardements un tour nouveau c’est sur la place du 19 avril 1944 situĂ©e au cƓur des rues piĂ©tonnes que les habitants sont appelĂ©s Ă  se rassembler le soir du 18 avril 2004 pour rendre hommage aux victimes. À l’occasion de cette cĂ©rĂ©monie, qui constitue un prĂ©lude aux autres manifestations de l’annĂ©e, sont disposĂ©es autour de la fontaine 1 600 bougies rappelant la mĂ©moire des disparus57. Une volontĂ© de renouer et transmettre une mĂ©moire », en s’écartant des lieux imposĂ©s [qui] avaient perdu du sens » et en prenant en compte la disparition progressive des tĂ©moins, a ainsi Ă©tĂ© Ă  l’origine des diffĂ©rents projets58. Figure no 86 – Fontaine de Dominique Denry, place du 19-Avril-1944. 59 Voir en particulier la contribution de Georg Wagner-Kyora dans cet ouvrage. 28Dans le processus de reconstruction des villes europĂ©ennes dĂ©truites par les bombardements, la question de la sauvegarde de monuments emblĂ©matiques des identitĂ©s locales a constituĂ© une part importante de la rĂ©flexion menĂ©e sur la complĂ©mentaritĂ© entre patrimoine ancien et modernitĂ©59. On peut, dans ce contexte, Ă©galement s’interroger sur la fonction de ruines ou de traces que la guerre a laissĂ©es dans le paysage urbain, et sur leur mise en relation avec la mĂ©moire des bombardements. À Rouen, l’idĂ©e de trace visible a Ă©tĂ© clairement revendiquĂ©e, comme on l’a vu plus haut, Ă  travers la réédification de la porte de la Douane Ă  un nouvel emplacement et sa rĂ©utilisation sous forme de monument Ă  la mĂ©moire des victimes des bombardements. Pour d’autres lieux en revanche, comme les ruines des Ă©glises Saint-Vincent et Saint – Pierre-du-ChĂątel, le lien est plus difficile Ă  Ă©tablir ou n’a pas donnĂ© lieu Ă  une exploitation dans ce sens. 60 AMVR, 4H29. 61 Il n’y est en tout cas pas fait rĂ©fĂ©rence dans le dossier des archives municipales consacrĂ© aux dĂ© ... 62 Rouen Ă©tant jumelĂ©e avec Hanovre, je ne citerai ici que la ruine de l’église Saint-Gilles St. Aeg ... 29ConsidĂ©rĂ©e comme l’une des Ă©glises majeures de Rouen, l’église Saint-Vincent Ă©difiĂ©e aux XVe et XVIe siĂšcles est presque entiĂšrement dĂ©truite par le bombardement du 31 mai 1944. Suite Ă  une dĂ©cision prise en 1948 par le service des Monuments historiques du ministĂšre de l’Éducation nationale60, la quasi-totalitĂ© de la ruine est dĂ©posĂ©e, seuls quelques rares vestiges Ă©tant conservĂ©s jusqu’à aujourd’hui. Leur absence de mise en valeur, en particulier Ă  cause de la percĂ©e d’un nouvel axe routier au moment de la reconstruction, a certes rĂ©guliĂšrement Ă©tĂ© critiquĂ©e, et la perte d’une partie importante du patrimoine architectural de la ville a Ă©tĂ© dĂ©plorĂ©e. Mais Ă  notre connaissance, il n’y a pas eu de dĂ©bat sur une Ă©ventuelle transformation des vestiges en un mĂ©morial dĂ©diĂ© aux victimes de la guerre61, comme cela a Ă©tĂ© le cas par exemple pour de nombreuses Ă©glises allemandes bombardĂ©es, qui ont finalement Ă©tĂ© conservĂ©es Ă  l’état de ruines mĂ©morielles62 ». Toutefois, la rĂ©installation des vitraux de Saint-Vincent, mis en caisses avant le dĂ©but de la guerre, dans la nouvelle Ă©glise Sainte-Jeanne-d’Arc achevĂ©e en 1979 sur la place du Vieux-MarchĂ©, a sans nul doute constituĂ© un Ă©lĂ©ment important de continuitĂ© pour les Rouennais. 63 A. Maurois, op. cit, p. 71. 64 Élisabeth Chirol dans son hommage rendu Ă  Georges Lanfry, sauveteur » et reconstructeur » de l ... 65 La CathĂ©drale de Rouen, Notre-Dame des Sept Torpilles, film rĂ©alisĂ© par AndrĂ© Roy, 1953. Voir anne ... 66 Voir G. Pessiot, op. cit., p. 255-262. 67 Sur les destructions de 1944 et la restauration, voir aussi Anne-Marie Carment-Lanfry, La CathĂ©dra ... 30Entre effacement et revendication des traces, ce sont plutĂŽt les deux grands monuments emblĂ©matiques de la ville sĂ©rieusement endommagĂ©s en 1944, la cathĂ©drale et le palais de justice, autour desquels s’est cristallisĂ©e une mĂ©moire qui a pu ĂȘtre conciliĂ©e avec la reconstruction de quartiers et d’édifices modernes. Les dangers qui ont pesĂ© sur la cathĂ©drale, le miracle » de sa sauvegarde puis sa remise en Ă©tat, considĂ©rĂ©e comme prioritaire au lendemain de la guerre, ont bien souvent Ă©tĂ© interprĂ©tĂ©s comme le signe du martyre » et de la rĂ©surrection » de la ville. Constituant pour les Rouennais, selon l’écrivain AndrĂ© Maurois, un Palladium, gage sacrĂ© auquel la ville attachait le sens de sa durĂ©e63 », la cathĂ©drale est censĂ©e avoir incarnĂ© pendant les bombardements l’ Ăąme de la citĂ©64 », ou encore sa pĂ©rennitĂ© et [sa] force65 ». Sa rĂ©ouverture totale au public en 1956 a donnĂ© lieu Ă  une grande cĂ©rĂ©monie en prĂ©sence du prĂ©sident RenĂ© Coty et a marquĂ© symboliquement la fin de l’aprĂšs-guerre pour de nombreux Rouennais66. Aujourd’hui encore sont exposĂ©es dans l’édifice des photographies des destructions de 194467. Figure no 87 – DĂ©voilement de la plaque en souvenir des bombardements de 1944, palais de justice de Rouen, 30 aoĂ»t 2011. 68 Le Palais de justice de Rouen, ouvrage collectif publiĂ© par le ministĂšre de la Justice et le dĂ©par ... 31Autre point de cristallisation de l’identitĂ© rouennaise, le palais de justice est lui aussi considĂ©rĂ© comme l’incarnation de la permanence de Rouen Ă  travers les vicissitudes de l’histoire68 ». L’ancien parlement de Normandie porte encore les traces des bombardements, en particulier sur sa façade de la place Foch. La conservation de ces stigmates » de la seconde guerre mondiale a Ă©tĂ© revendiquĂ©e au cours de la restauration de l’édifice, qui s’est Ă©tendue sur plusieurs dĂ©cennies et dont la derniĂšre phase s’est achevĂ©e en 2010. Et c’est justement en ce lieu qu’une derniĂšre commĂ©moration importante – sans doute mĂȘme un nouveau tournant dans la mĂ©moire des bombardements rouennais – a Ă©tĂ© organisĂ©e Ă  Rouen le 30 aoĂ»t 2011, Ă  l’occasion du 67e anniversaire de la libĂ©ration de la ville. Pour la premiĂšre fois, cet anniversaire intĂ©grait officiellement une cĂ©rĂ©monie commĂ©morative dĂ©diĂ©e aux victimes des bombardements. Le texte de la plaque apposĂ©e Ă  l’entrĂ©e ouest du palais de justice et dĂ©voilĂ©e en prĂ©sence des autoritĂ©s civiles et militaires locales, dĂ©partementales et rĂ©gionales et des porte-drapeaux, frappe par une volontĂ© nouvelle de mettre en contexte les Ă©vĂ©nements et d’ancrer explicitement leur mĂ©moire dans le paysage urbain Les impacts des bombes lors des bombardements de la ville de Rouen pendant la Semaine rouge 30 mai au 5 juin 1944 et le 26 aoĂ»t 1944 ont Ă©tĂ© maintenus en l’état volontairement pour rendre hommage et perpĂ©tuer le souvenir des milliers de victimes de ces jours dĂ©cisifs et rappellent quel a Ă©tĂ© le prix payĂ© par la ville de Rouen pour la LibĂ©ration de la France. 69 67e anniversaire de la libĂ©ration de Rouen, allocution prononcĂ©e par V. Fourneyron, dĂ©putĂ©e-maire d ... 70 Information communiquĂ©e par Guy Pessiot, adjoint au maire chargĂ© entre autres du patrimoine et spĂ© ... 32Certes, la fin de ce texte et le discours prononcĂ© par la dĂ©putĂ©e maire de Rouen ValĂ©rie Fourneyron69 PS s’inscrivent clairement dans la continuitĂ© des prĂ©cĂ©dentes commĂ©morations de la libĂ©ration de Rouen, et l’on continue prioritairement Ă  cĂ©lĂ©brer la RĂ©sistance [qui] a fait l’honneur de la France et l’honneur de Rouen » et le sacrifice des soldats alliĂ©s auxquels la ville doit sa libĂ©ration. Mais l’hommage rendu Ă  la fois Ă  l’escadrille Lorraine, unitĂ© de la France libre au sein de la Royal Air Force qui fut l’auteur du dernier bombardement sur Rouen le 26 aoĂ»t70, et aux personnels soignants de l’agglomĂ©ration qui ont portĂ© assistance aux blessĂ©s parmi la population civile, semble indiquer qu’avec la distance historique, on est entrĂ© dans un registre de mĂ©moires plus complĂ©mentaires que concurrentes. MĂȘme si, par ailleurs, le mythe d’une population rouennaise qui se serait collectivement mobilisĂ©e » pour la LibĂ©ration occulte encore trĂšs largement, du moins Ă  l’occasion de telles cĂ©rĂ©monies, le rĂŽle jouĂ© aussi par une partie des Ă©lites locales et des habitants dans la collaboration et le rĂ©gime de Vichy. 33Entre lieux de mĂ©moire revendiquĂ©s ou plus ou moins assumĂ©s selon les Ă©poques, la ville de Rouen a finalement accordĂ© une place non nĂ©gligeable au souvenir des bombardements de la seconde guerre mondiale, mais ce parcours mĂ©moriel n’est pas linĂ©aire. On peut distinguer quelques temps forts comme l’immĂ©diat aprĂšs-guerre, les commĂ©morations de 1964 et les nouvelles formes mĂ©morielles Ă©mergeant Ă  partir de 1994, qui sembleraient correspondre Ă  une pĂ©riodisation valable Ă©galement pour d’autres villes sinistrĂ©es. Mais l’état de la recherche ne permet pas jusqu’ici de montrer quelle est l’exemplaritĂ© ou au contraire la spĂ©cificitĂ© de Rouen dans la mĂ©moire française des bombardements alliĂ©s. On peut certes Ă©mettre l’hypothĂšse que la tension permanente entre effacement derriĂšre des schĂ©mas mĂ©moriels dominants au plan national et affichage d’un statut de ville martyre » au plan local est assez reprĂ©sentative et ne serait donc pas l’apanage de Rouen. Toutefois, la volontĂ© de prĂ©server une ville-musĂ©e » par delĂ  la destruction d’une partie du patrimoine architectural a pu, Ă  Rouen, non seulement influencer les choix de la reconstruction, mais Ă©galement marquer davantage qu’ailleurs le discours nostalgique sur la perte – alors que l’ampleur des dommages a finalement Ă©tĂ© moins importante qu’au Havre par exemple. 34De nombreuses pistes seraient ainsi Ă  explorer. L’une d’entre elles consisterait Ă  Ă©tudier comparativement dans quelle mesure, sans doute trĂšs variable selon les villes et les espaces rĂ©gionaux, mais aussi selon les forces politiques en prĂ©sence, les discours et reprĂ©sentations forgĂ©s dĂšs la pĂ©riode des bombardements eux-mĂȘmes ont contaminĂ© ou obĂ©rĂ© les narrations ultĂ©rieures, empĂȘchant bien souvent une rĂ©elle mise en relation des aspects contradictoires de la seconde guerre mondiale et de son vĂ©cu par les populations françaises. Les tendances rĂ©centes ne visent manifestement plus Ă  construire des discours identitaires susceptibles de cimenter les sociĂ©tĂ©s urbaines autour d’une mĂ©moire commune, et la distance historique favorise un recentrage sur l’hommage rendu aux victimes. Il n’en reste pas moins qu’une approche contextualisĂ©e de la question des bombardements, de leurs reprĂ©sentations et de leur mĂ©moire en Lrance reste un champ d’études ouvert pour les historiens et les historiennes. Notes 1 Une premiĂšre Ă©bauche de ce travail a Ă©tĂ© publiĂ©e sous le titre La mĂ©moire des bombardements Ă  Rouen aprĂšs la seconde guerre mondiale une mise en perspective », Études normandes, no 3, 2010, p. 59-70. 2 Alain GaspĂ©rini, Rouen 1940-1944 la guerre, l’occupation, la libĂ©ration, Rennes, OuestFrance, 1994 ; Patrick Coiffier, Rouen sous l’occupation, Luneray, Bertout, 2004 ; Paul Le TrĂ©vier et Daniel Rose, Ce qui s’est vraiment passĂ© le 19 avril 1944, Saint-Germain-en-Laye, Comever, 2004 ; Guy Pessiot, Histoire de Rouen 1939-1958. La guerre 1939-1945 et la reconstruction en 900 photographies, Rouen, PTC, 2004 1re Ă©d. 1983 ; AndrĂ© Maurois, Rouen dĂ©vastĂ©, Fontaine-le-Bourg, Le Pucheux, 2004 1re Ă©d. 1948. 3 Cette expression est utilisĂ©e sous forme d’interrogation par Michael Schmiedel, doctorant allemand qui travaille sur les bombardements en France et leur reprĂ©sentation, pour le titre d’un article qu’il a publiĂ© en 2009 dans un ouvrage collectif consacrĂ© Ă  la mĂ©moire de la guerre aĂ©rienne en Europe. M. Schmiedel, Une amnĂ©sie nationale ? Krieg und Nachkrieg in Frankreich », dans Jörg Arnold, Dietmar SĂŒss et Malte Thiessen dir., Luftkrieg. Erinnerungen in Deutschland und Europa, Gottingen, Wallstein, 2009, p. 66-83. Qu’il soit ici remerciĂ© de ses remarques et rĂ©flexions au cours de notre Ă©change Ă©pistolaire de 2010. 4 Mechtild Gilzmer, MĂ©moires de pierre – Les monuments commĂ©moratifs en France aprĂšs 1944, Paris, Autrement, 2009 Ă©d. orig. 2007. 5 M. Schmiedel, dans Luftkrieg...,Îżp. cit., p. 69-70. 6 Bernard Garnier, Jean-Luc Leleu, Françoise Passera et Jean Quellien dir., Les populations civiles face au dĂ©barquement et Ă  la bataille de Normandie, Caen, CRQH - MĂ©morial de Caen, 2005, p. 7. 7 Ibid., p. 9-20. 8 Letitia Rodriguez, De la place accordĂ©e aux victimes civiles des bombardements et de la bataille de Normandie dans les commĂ©morations officielles, de 1945 Ă  aujourd’hui », ibid., p. 289-302. 9 Sur ces facteurs, voir notamment ibid., ainsi que l’introduction de l’ouvrage collectif citĂ© plus haut Tod, Zerstorung, Wiederaufbau – Zu einer europĂ€ischen Erinnerungsgeschichte des Luftkrieges », dans Luftkrieg
, Îżp. cit., p. 9-24. 10 Voir Henning Meyer, Les musĂ©es de la seconde guerre mondiale et la transmission de la mĂ©moire. Les exemples du Centre national Jean-Moulin de Bordeaux, du MĂ©morial de Caen – un musĂ©e pour la Paix et du Centre de la mĂ©moire d’Oradour-sur-Glane », dans Stephan Martens dir., La France, l’Allemagne et la seconde guerre mondiale. Quelles mĂ©moires ?, Bordeaux, Presses universitaires de Bordeaux, 2007, p. 187-221. 11 AprĂšs avoir publiĂ© en 1994-1995 plusieurs ouvrages sur les victimes civiles dans les trois dĂ©partements de Basse-Normandie, le CRHQ a Ă©ditĂ© notamment M. Dandel, G. Duboc, A. Kitts et E. Lapersonne, Les Victimes civiles des bombardements en Haute-Normandie, Caen, La Mandragore, 1997. 12 L. Rodriguez, dans op. cit., p. 299. 13 Ibid. 14 Ce secrĂ©tariat n’a eu qu’une existence Ă©phĂ©mĂšre, de mars 2004 Ă  mai 2005. 15 16 Par exemple sur le site officiel Chemins de mĂ©moire », créé par le ministĂšre de la DĂ©fense dans le cadre d’une valorisation du tourisme mĂ©moriel en France, les rĂ©fĂ©rences aux victimes des bombardements alliĂ©s restent plus que discrĂštes 17 C’est sans doute autour de 1949 qu’est apposĂ©e au pied du Monument aux morts de la premiĂšre guerre mondiale, dont le pourtour a servi de cimetiĂšre provisoire Ă  la LibĂ©ration, une plaque en hommage Ă  la mĂ©moire des victimes civiles tombĂ©es au cours des bombardements subis par la ville du Havre 1939-1945 ». Information communiquĂ©e sous rĂ©serve par les archives municipales de la ville du Havre. 18 Voir en particulier Andrew Knapp, The Destruction and Liberation of Le Havre in Modem Memory », War in History, no 14, 2007, p. 476-498. 19 Le chiffre de 816 morts est retenu par M. Dandel et al, op. cit., p. 55. 20 Pariser Zeitung, 16 mai 1944, dossier de coupures de presse Extraits de journaux relatant les bombardements de Rouen et de Sotteville du 19 avril 1944 » conservĂ©es aux archives municipales de la ville de Rouen AMVR. Je remercie Dominique Lebeltel, archiviste Ă  la ville de Rouen, d’avoir recherchĂ© et mis Ă  ma disposition tous les dossiers qu’elle a jugĂ©s utiles Ă  mon projet. 21 La France terre brĂ»lĂ©e », 19 avril, 12 h 40, Éditoriaux prononcĂ©s Ă  la radio par Philippe Henriot, secrĂ©taire d’État Ă  l’Information et Ă  la Propagande, no 9, du 13 au 19 avril 1944. 22 Service interministĂ©riel de protection contre les Ă©vĂ©nements de guerre, créé en 1943 pour apporter un secours d’urgence aux villes dĂ©sorganisĂ©es par les bombardements. 23 Reportage France-ActualitĂ©s du 19 mai 1944, 2 mn 35 s., archives en ligne de l’Institut national de l’audiovisuel. Sur cette visite, voir aussi Le MarĂ©chal a commencĂ© son pĂšlerinage tragique. Rouen dĂ©vastĂ© par les bombardements aĂ©riens a reçu, hier, la visite du chef de l’État », L’Ɠuvre, 15 mai 1944 AMVR, dossier de coupures de presse citĂ©. 24 Journal de Rouen, 20 avril 1944. 25 Dans leur ouvrage sur le 19 avril 1944, P. Le TrĂ©vier et D. Rose montrent l’enchaĂźnement des erreurs de visĂ©es de ces bombardements, qui s’inscrivaient dans l’objectif militaire fondamental de destruction des gares de triage du Nord-Ouest de la France notamment. P. Le TrĂ©vier et D. Rose, op. cit. De mĂȘme, les bombardements de la semaine rouge » sur l’agglomĂ©ration rouennaise visaient Ă  couper la retraite des troupes allemandes en faisant sauter les ponts sur la Seine. 26 Journal de Rouen, 28 avril 1944. 27 AMVR, 1M3. Sauf prĂ©cision contraire, les informations relatives aux plaques et monuments commĂ©moratifs sont extraites de cette sĂ©rie. 28 Le texte du dĂ©cret est reproduit dans le recueil des actes administratifs du dĂ©partement de Seine-InfĂ©rieure, no 38, p. 241, AMVR. Pour une analyse du dĂ©cret et des pratiques de la commission Ă©voquĂ©e, voir en particulier M. Gilzmer, op. cit., p. 31 et suiv. 29 BibliothĂšque Jacques-Villon, Rouen, dossier de presse Guerre 1939-1945 », no 2 bis. Ici, Paris-Normandie, 1er septembre 1969. 30 Ibid., Paris-Normandie, 31 aoĂ»t 1982. 31 Voir Ă  ce propos les diffĂ©rents Ă©changes Ă©pistolaires conservĂ©s aux archives municipales AMVR, 1M3. 32 Dimanche 17 juillet 1949 Le prĂ©sident Auriol remit la LĂ©gion d’honneur Ă  la ville de Rouen », LibertĂ©-Dimanche, 19 avril 1964. 33 Le gĂ©nĂ©ral Piollet inaugure un mĂ©morial Ă  la DP », Normandie peu aprĂšs rebaptisĂ© ParisNormandie, 9 juin 1947. 34 SĂ©ance du conseil municipal du 28 avril 1947 AMVR, 1M3. 35 Un article avec photo du journal Normandie des 24, 25 et 26 mai 1947 montre la pose de la clef de voĂ»te de la porte qui occupe dĂ©sormais son emplacement dĂ©finitif. 36 ProcĂšs-verbal de la rĂ©union du jury chargĂ© de l’examen des projets, 11 septembre 1947 AMVR, 1M3. 37 Un mĂ©morial aux victimes de la guerre. La ville de Rouen retient le projet de MM. RenĂ© et Jean-Pierre Rieux », Paris-Normandie, 24 septembre 1947, signĂ© R. P. Roger Parment, grand journaliste rouennais et ardent partisan, pendant plusieurs dĂ©cennies, d’un hommage aux victimes des bombardements. 38 Il n’y a de trace d’une telle requĂȘte ni dans les archives municipales, ni aux Archives nationales oĂč sont conservĂ©es les correspondances entre le ministĂšre de l’IntĂ©rieur, dont dĂ©pendait cette commission, et les prĂ©fets chargĂ©s de soumettre les projets AN, F/1cI/232. 39 Le Monument National aux Victimes Civiles de la guerre sera-t-il Ă©rigĂ© Ă  Rouen ? », LibertĂ©-Dimanche, 31 juillet 1960. 40 Voir M. Gilzmer, op. cit. 41 Voir l’article citĂ© note 39. 42 MĂ©morial aux victimes civiles inaugurĂ© le 19 avril », par R. Parment, Paris-Normandie, 9 janvier 1964. 43 L. Rodriguez, op. cit., p. 293. M. Schmiedel note Ă©galement la tenue, Ă  Lyon en 1964, d’une cĂ©rĂ©monie Ă  la mĂ©moire des victimes du bombardement du 26 mai 1944 Ă©change avec l’auteure. 44 AMVR, 3K1. Je reproduis ici en italique l’ajout manuscrit, qui comporte en outre une rature courage » est barrĂ© et remplacĂ© par hĂ©roĂŻsme ». 45 LibertĂ©-Dimanche, 19 avril 1964. 46 In memoriam », par R. Parment, LibertĂ©-Dimanche, 19 avril 1964. 47 BibliothĂšque Jacques-Villon, Rouen, dossier de presse citĂ© plus haut. 48 AMVR, recueil des dĂ©libĂ©rations du conseil municipal, sĂ©ance du 8 juillet 1994. 49 Je remercieMme Chantier, des archives municipales de Sotteville-lĂšs-Rouen, de m’avoir communiquĂ© cette information. 50 Interview de D. Denry par Jacques Petit À nouvelle place nouveau dĂ©cor – la fontaine de la Place du 19 avril 1944 », Bulletin des Amis des monuments rouennais, octobre 1994septembre 1995, p. 89. 51 AMVR, 8W1164/996. 52 La fontaine de Dominique Denry inaugurĂ©e place du 19 avril 1944 », LibertĂ©-Dimanche, 21 dĂ©cembre 1995. Je remercie Dominique Denry d’avoir mis sa documentation Ă  ma disposition et de m’avoir expliquĂ© ces circonstances lors de l’entretien qu’il a bien voulu m’accorder. 53 Entretien de D. Denry avec l’auteure, 30 dĂ©cembre 2009. 54 Rouen Magazine, supplĂ©ment du 15 avril 2004, Rouen, mĂ©moires 44 – Les Rouennais dans la guerre, ici p. 3. 55 Rouen mĂ©moires 44, Ă©ditĂ© par la ville de Rouen, septembre 2004. Voir les extraits reproduits dans l’annexe I. 56 AMVR, sĂ©ance du conseil municipal, 29 mars 2004. 57 Cette nuit-lĂ , il pleuvait des coups durs », Paris-Normandie, 19 avril 2004. 58 Entretien de L. Leforestier avec l’auteure, 4 fĂ©vrier 2010. 59 Voir en particulier la contribution de Georg Wagner-Kyora dans cet ouvrage. 60 AMVR, 4H29. 61 Il n’y est en tout cas pas fait rĂ©fĂ©rence dans le dossier des archives municipales consacrĂ© aux dĂ©libĂ©rations relatives aux Ă©glises Saint-Vincent et Sainte-Jeanne-d’Arc 1944-1961 AMVR, 2M1. 62 Rouen Ă©tant jumelĂ©e avec Hanovre, je ne citerai ici que la ruine de l’église Saint-Gilles St. Aegidien dĂ©truite par les bombardements de 1943 sur la future capitale de la Basse-Saxe et transformĂ©e dĂšs 1954 en mĂ©morial pour les victimes de la guerre et de la violence ». 63 A. Maurois, op. cit, p. 71. 64 Élisabeth Chirol dans son hommage rendu Ă  Georges Lanfry, sauveteur » et reconstructeur » de la cathĂ©drale, aprĂšs la mort de celui-ci en 1969, Bulletin des Amis des monuments rouennais, 1958-1970, p. 87. 65 La CathĂ©drale de Rouen, Notre-Dame des Sept Torpilles, film rĂ©alisĂ© par AndrĂ© Roy, 1953. Voir annexe II. 66 Voir G. Pessiot, op. cit., p. 255-262. 67 Sur les destructions de 1944 et la restauration, voir aussi Anne-Marie Carment-Lanfry, La CathĂ©drale Notre-Dame de Rouen, Ă©dition revue et complĂ©tĂ©e par Jacques Le Maho, Mont-Saint-Aignan, PURH, 2010 [1re Ă©d. 1977], notamment p. 63-74. 68 Le Palais de justice de Rouen, ouvrage collectif publiĂ© par le ministĂšre de la Justice et le dĂ©partement de la Seine-Maritime, Rouen, 1977, prĂ©face de Jean Lecanuet. 69 67e anniversaire de la libĂ©ration de Rouen, allocution prononcĂ©e par V. Fourneyron, dĂ©putĂ©e-maire de Rouen, Ă  l’hĂŽtel de ville au cours de la rĂ©ception des autoritĂ©s et des associations de dĂ©portĂ©s, rĂ©sistants et anciens combattants, 30 aoĂ»t 2011. Je remercie la direction des relations publiques de la ville d’avoir mis ce document Ă  ma disposition. 70 Information communiquĂ©e par Guy Pessiot, adjoint au maire chargĂ© entre autres du patrimoine et spĂ©cialiste d’histoire locale. Je le remercie de m’avoir accordĂ© quelques instants, en marge de la cĂ©rĂ©monie, pour m’expliquer dans quelles circonstances avait Ă©tĂ© prise la dĂ©cision de dĂ©voiler la plaque commĂ©morative. Sur le rĂŽle du Groupe de bombardement Lorraine » Forces aĂ©riennes françaises libres au moment du dĂ©barquement et sur sa mission d’anĂ©antissement de l’armĂ©e Von Kluge sur les quais de Seine Ă  Rouen, voir aussi Cette publication numĂ©rique est issue d’un traitement automatique par reconnaissance optique de caractĂšres. DĂ©couvrezl'Ă©volution des prix de l'immobilier Place du 19 Avril 1944 (Rouen): prix moyen au mÂČ, carte des prix, tendances du marchĂ© immobilier
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